Space Force

Posted on 16/08/2020 by BeCult

Space Force est une série de Steve Carell et Greg Daniels, produite par Netflix. Steve Carell et Greg Daniels, ça vous dit forcément quelque chose : The Office, la série sur la vie de bureau qui a donné tant de merveilleux mèmes à Internet… Du coup, on se met à espérer que Space Force soit la digne cousine de The Office, dans l’armée américaine… Joie et excitation !

Mais oubliez ça ! S’il y a bien quelques moments d’absurdité dignes de The Office dans Space Force, et si on en retrouve parfois le feeling dans certaines scènes, elle n’est pas la The Office de l’espace. Space Force est d’abord une satire politique. La série n’hésite pas taper sur la gouvernance américaine actuelle, avec son président disons… particulier, et ses fonctionnements internes. Ainsi, à plusieurs reprises, on y fait allusion aux tweets du président, qui sont craints “as fuck” pour leur débilité, la Chine est clairement l’ennemi, et on retrouve des platistes parmi les sénateurs républicains.

La série a clairement bénéficié de gros moyens : décors, effets spéciaux… Malheureusement, elle se laisse parfois aller à un humour que certain•e•s pourraient qualifier de facile, qui matche mal avec la satire. Heureusement, la comédie engagée prend de l’ampleur au fil des épisodes. Mais Space Force n’est pas que drôle, elle renferme aussi des moments de pure tendresse, de vrais questionnements sur la vie de famille, la reconstruction et s’interroge même sur le polyamour.

Les acteur•trice•s sont indubitablement le point fort de cette série. Steve Carell y est parfait en général dépassé par sa vie privé et sa fille, John Malkovich merveilleux dans son rôle de scientifique homosexuel caustique. Et enfin, mentions spéciales à Tani Newsome, Diana Silvers et Lisa Kudrow qui amène à elle seule beaucoup de tendresse et de décalage humoristique à la série.

Et en fin de compte, cela vaut-il le visionnage ? Ce ne sera clairement pas votre série du siècle (il y a Dark pour ça), mais vous passerez un chouette moment : la satire fonctionne, et on finit par s’attacher à ce colonel, sa femme, sa fille et à ce scientifique bourru au grand coeur.

Stephan Gauvrit