Post Partum de Delphine Noëls

Posted on 05/04/2014

Si vous voulez vous détendre le temps d’une soirée, voyager dans des mondes merveilleux tout en restant confortablement installé dans une salle climatisée où rien ne peut vous arriver, ou encore vous payer une bonne tranche de rigolade, n’allez pas voir Post-Partum. Le premier long-métrage de Delphine Noëls raconte la chute d’une jeune femme dans la psychose après la naissance de son enfant et la destruction de son univers familial qui s’ensuit… Ambiance, ambiance.

Utilisant les codes du thriller, le film va suivre au plus près le personnage de Luce, incarné par Mélanie Doutey, en essayant de saisir l’étrangeté qui va petit à petit s’emparer d’elle dans sa position de mère qu’il lui est impossible d’incarner. Le spectateur est ballotté entre la compassion qu’il peut avoir pour la détresse de la jeune femme et l’incompréhension de certains actes ou comportements qui vont petit à petit traduire son mal-être grandissant. Incompréhension qui sera par ailleurs partagée par l’entourage de Luce, qui n’arrivera à répondre à cette situation que par la peur et la rigidité.

Cette rigidité est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut faire au film. Au-delà du personnage principal, les acteurs qui l’entoure semblent presque tous conduits par une ligne de route fixe et ne possèdent un mode d’interaction que très codifié. La faute peut-être au scénario qui, en utilisant les codes du suspens pour annoncer la folie montante, étouffe la trame et la prive d’une certaine fraîcheur, d’une spontanéité nécessaire pour traiter un sujet aussi multiforme et fascinant que la folie. Peut-être est-ce la maladresse d’un premier film qui, par peur de trop perdre son spectateur, le prend un peu trop par la main, avec le risque de ne pas vraiment le surprendre?

Il n’en reste pas moins que le scénario aboutit à un final émouvant et ouvert, en faisant exploser la tension constante par une révélation qui laisse perplexe et qui, si elle boucle gracieusement l’histoire du film, ne ferme pas toutes les interrogations que peut susciter un sujet aussi délicat. On ne sortira pas de la salle plus idiot et c’est déjà beaucoup!

Alexis D.