Peuk : Peuk

Posted on 09/02/2020 by BeCult

Il y a certaines reviews d’albums qu’on n’a a priori pas envie d’écrire, pas parce que le sujet nous rebute et qu’on ne trouve pas l’inspiration, mais par pur égoïsme…

Ce sentiment peut se développer lorsqu’on a un gros coup de coeur qu’on n’a pas envie de partager, parce qu’on a conscience qu’offrir une visibilité, toute relative soit-elle, au groupe objet de notre coup de coeur peut avoir pour conséquence d’augmenter le nombre de ses admirateur•rice•s. Jusqu’au moment où il abandonnera les petites salles de concert misant sur la proximité avec le public, au profit de structures plus impersonnelles. Et puis la raison reprend le dessus, et on se dit qu’au vu du talent du groupe en question, si ce n’est pas nous, il y aura toujours bien quelqu’un d’autre pour écrire un article dithyrambique à son sujet.

Le trio limbourgeois Peuk et son premier opus éponyme, sorti il y a tout juste un an, font partie de ces découvertes qu’on aimerait garder pour nous. Peuk, c’est d’abord une voix. Celle de l’impressionnante Nele Janssens, qu’elle module à sa guise, passant d’un ton faussement candide, notamment sur le titre Magpie et le totalement addictif Faceless Doll in Voodoo, à des vociférations totalement maîtrisées, sur des morceaux comme Cave Person et Skin It. Une voix qui nous a, à certains moments de l’écoute de cet album, poussé•e•s à implorer tout haut “Kim (Gordon), sort de ce corps !”.

Peuk, c’est aussi trois solides musiciens, et non des moindres : Nele Janssens à la guitare, Jacky Willems à la basse, et à la batterie Dave Schroyen, qu’on connaît aussi pour son travail avec Evil Superstar et Millionaire. Peuk, c’est surtout un premier opus tout à fait extraordinaire qui s’écoute sans fin. Dès les premières notes de Gargamel, plage d’ouverture de l’album, on reconnaît l’influence manifeste de Sonic Youth, mais qui s’en plaindrait ? Surtout pas nous ! Et puis, s’ils ont été à excellente école, les Limbourgeois ont réussi à garder leur propre identité.

Notre petit doigt nous dit que, vu l’énergie qu’ils déploient tout au long de l’album, leurs concerts promettent d’être de belles claques. C’est le moment d’en profiter puisqu’ils seront le 22 février au Magasin 4 (Bruxelles), le 9 avril à l’Atelier 210 (Bruxelles) et le 10 avril au Vecteur (Charleroi), avec Lysistrata et Annabel Lee. La soirée s’annonce chaude !

Sandrine Job