Manon, bénévole au Vecteur

par Sandrine Job

Manon, 28 ans, est bénévole au Vecteur à Charleroi, plus précisément pour leur bibliothèque Le Rayon et ponctuellement pour de gros événements. Une fois par an, elle se rend également disponible pour le BIFFF (Festival International du Film Fantastique de Bruxelles) où elle accompagne les invité·e·s. Crise sanitaire oblige, elle a dû stopper ces activités mais ne reste pas les bras croisés pour autant. L’association Feed the Culture, une banque alimentaire qui vient en aide aux travailleur·euse·s des industries créative et culturelle en Belgique, peut compter sur son aide. 

Depuis quand es-tu bénévole ?
Depuis 10 ans, je fais du bénévolat dans le secteur culturel. J’ai commencé quand j’étais étudiante à l’ULB (Université Libre de Bruxelles). J’ai participé à la Nocturne de l’ULB pendant quelques années. Mes étés d’étudiante ont aussi été parsemés de bénévolat dans différents festivals de musique : Dour Festival (j’ai fini responsable d’équipe de la team nettoyage du site), Cabaret Vert (accueil) et j’ai aussi été rédactrice bénévole pour le webzine Belgian Music Festival pendant quelques étés. Avant d’être bénévole au Vecteur, j’ai été bénévole quelques mois pour la structure Airplane Mode qui organisait différentes soirées pluridisciplinaires dans des lieux bruxellois (communication, logistique…).

Si tu as une activité professionnelle, est-elle en lien avec la musique ?
Oui, actuellement je suis consultante et community manager pour la société Amplo. Amplo est un bureau social belge pour artistes. On travaille avec beaucoup de secteurs différents mais, en temps normal, on collabore énormément avec le milieu des arts de la scène. Avant ça, j’ai bossé comme chargée de communication pour Le Vecteur et j’ai également fait de l’accueil artistes au Brussels Summer Festival.

Quel a été le dernier concert auquel tu as participé en tant que bénévole avant le confinement ?
Le dernier concert auquel j’ai assisté au Vecteur, c’était le 31 janvier 2020 avec les groupes Pega et Rubin Steiner. Et le dernier concert pendant lequel j’ai été bénévole, c’était lors du festival Livresse, en octobre 2019. Sinon, mon dernier concert tout court c’était en octobre 2020, à l’Eden, pour Amenra. Sur le fil avant le deuxième confinement…

Quelles sont les compensations dont tu bénéficies en tant que bénévole ?
En tant que bénévole, j’ai reçu diverses compensations en fonction des structures avec lesquelles j’ai travaillé : tickets boisson/food, défraiement, logement gratuit, etc.

Quelles ont été pour toi les conséquence directes de l’arrêt des concerts ? D’un point de vue psychologique, comme financier ?
Depuis l’arrêt des concerts, mon portefeuille ne se porte pas plus mal, mais c’est la déprime ! Ce qui me manque le plus dans les concerts, c’est les claques que j’ai pu me prendre et les découvertes que j’y ai faites. Puis indéniablement, le contact humain manque aussi beaucoup. J’ai jamais autant rêvé de sentir la sueur des gens sur moi. En vrai, en 2020, qui peut dire qu’il a fait de nouvelles rencontres ? Ça manque vraiment ! L’énergie autour des concert ça booste, ça fait vibrer, les vinyles à la maison c’est sympa mais ça n’a pas la même puissance.

As-tu l’intention de poursuivre cette activité bénévole lors de la reprise des concerts ?
Oui à fond ! Vraiment, j’ai hâte. Pour revoir les copains, et puis surtout pour découvrir la fine fleur musicale qui dort depuis un an !

Quel avenir pour la musique live ? Comment se passeront, selon toi, les concerts du « futur » ?
On ne va pas se leurrer, je ne pense pas qu’on va revivre des concerts avec des dizaines de milliers de personnes avant un petit moment. Mais j’ose espérer que l’été prochain, on pourra atteindre des jauges au-dessus des 1000 personnes ! En extérieur ça me semble faisable. Pour les salles, j’espère vraiment que les jauges pourront être élargies. Au premier déconfinement, les mesures sécuritaires étaient telles qu’il était impossible pour les salles de concert de rentrer dans leurs frais. En tous les cas, j’imagine que les premiers concerts seront masqués. Si ça peut permettre de voir les salles revivre, moi je dis oui ! Puis quand on sera tous et toutes vaccinés, on pourra refaire des pogos.

En cette période morose, quel est le morceau qui te remonte le moral ?
Quand j’ai envie de penser aux copains et chanter à tue-tête, Evier Metal d’Ultra Vomit. Mais sinon, Rebel Girl de Bikini Kill, ça fout bien la patate aussi.

Quel a été le meilleur concert auquel tu as assisté en tant que bénévole ?
Ça c’est dur ! Je me rappelle d’un concert de Stick to Your Guns endiablé à Dour, à l’époque de la feu Cannibal Stage, en 2014. J’en avais perdu mes chaussures…

L’artiste qui t’a particulièrement marquée ? Et pourquoi ?
L’été 2016, j’étais encore bénévole à Dour et j’ai encore pu voir un de mes groupes favoris : Frank Carter & The Rattlesnakes. Cet été-là, je l’ai vu plus d’une fois et ça a été ma révélation de l’année. Le seul artiste qui m’a fait pleurer à chaque fois. Le chanteur a un truc puissant : il est flippant et en même temps t’as envie de lui faire des câlins. Hyper contradictoire mais, perso, j’adore. Et ce mec me touche !

Une anecdote liée à un concert ?
Quand j’ai bossé pour le Brussels Summer Festival pour gérer l’accueil artistes, je gérais les loges. Tous les jours, tu dois préparer les différents riders envoyés par les prods. Je pense que la palme du rider le plus WTF revient à l’artiste Camille. Elle (sa prod) avait listé une série de légumes bio crus que l’on devait lui apporter en loge. J’ai fait des courses à droite et à gauche dans Bruxelles pour respecter ses exigences. Ça changeait pas mal des groupes qui te demandent des alcools forts ou des bonnes bouteilles de vin pour les ramener chez eux.

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