Deafheaven et Touché Amoré à l’Ancienne Belgique

Posted on 11/10/2019

En ce premier vendredi du mois d’octobre, notre humeur musicale du moment nous pousse à nous rendre à l’Ancienne Belgique où une soirée ‘loud’ nous attend. À l’affiche, le groupe de post hardcore originaire de Los Angeles Touché Amoré, suivi des San-Franciscains black métalleux de Deafheaven, qui ont marqué l’année 2018 avec la sortie de leur album : Ordinary Corrupt Human Love.

À 20h10, déboulent sur scène les comparses de Touché Amoré qui nous tiendront en haleine durant plus d’une heure avec la présentation de leur 5e et dernier album : Dead Horse X. Ce qui nous touche d’emblée, c’est la personnalité du chanteur Jeremy Bolm, sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde de la vocalise qui, lorsqu’il parle au public, laisse transparaître une personnalité humble et timide, mais se transforme en bête de scène rugissante une fois qu’il passe au chant. Ce soir, les Angelins nous offrent une prestation pleine d’émotion dont on n’est pas les seul•e•s à ressentir les bienfaits, au regard des réactions tout à fait positives de plusieurs personnes du public. Entouré de très bons musiciens, Jeremy Bolm nous aura notamment fait vibrer avec le très beau Honest Sleep, angoissante odyssée au coeur de la nuit et son leitmotiv “I’m loosing sleep, I’m loosing friends…“, le très hypnotique History Reshits Itself et Broken Records, hymne d’amour/haine à la ville dont ils sont originaires.

Toujours difficile de passer après une première partie aussi solide et enthousiasmante, mais au vu de l’excellente facture de leur dernier album, on a peu de craintes pour Deafheaven. Entre des musiciens talentueux et un chanteur, George Clark, à la présence scénique indéniable, entre moments calmes, voire doux, offerts par les instruments, et moments sombres et lourds apportés par la voix, notre intuition se confirmera. Les morceaux sont longs et contiennent d’importants passages exclusivement musicaux qui appellent à la zénitude, la réalité nous rattrape cependant rapidement lorsque George Clark s’empare du micro pour hurler sa fureur. Honeycomb, issu du dernier album, est le premier titre joué et résume à lui seul ce que l’on a écrit plus haut. Il est suivi par Canary Yellow, du même album. Deafheaven enchaîne ensuite avec Brought To The Water, issu de l’album New Bermuda, sorti en octobre 2015, et un tout nouveau titre, daté du début de l’année : Black Brick. Le show se clôturera avec le très beau – un de nos coups de coeur – Worthless Animal et l’explosif Dream House.

Un concert d’excellente qualité qui n’effacera cependant pas la générosité dont nous avons été gratifié•e•s en première partie de soirée.

Sandrine Job

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Crédit photo : Emmanuel Bossier