Dark Net

Posted on 19/04/2020 by BeCult

“Just close your eyes, forget your name, forget the world, forget the people”, les paroles de Jim Morrison résonnent encore dans nos oreilles. On est là, tranquillement installé•e dans notre canapé bercé•e par le craquement des derniers sillons du vinyle qui tourne encore sur la platine, se croyant au sommet de l’iceberg. Puis, on se décide à appuyer sur ‘play’ pour lancer le visionnage du pilote d’une série documentaire dont on a entendu parler. Et, sans avertissement, on plonge en apnée au cœur du Darknet… qui ne se limite pas à l’achat de drogue ou d’armes, désillusionnez-vous !

Dark Net est une série américaine diffusée sur Netflix et créée par Mati Kochavi. Avec deux saisons de huit épisodes au compteur, elle sonde le côté obscur du web. Une immersion dans un univers sans limites, sans éthique, sans morale. Entre amours cybernétiques, revenge porn, cyber-harcèlement, guerre digitale et autres comportements numériques, de nombreux thèmes y sont abordés. Les générations B, X, Y, Z s’y retrouvent et s’y croisent au centre d’une équation à multiples inconnues. Une série de portraits sans filtre qui nous emmène pour un voyage froid, fascinant, étrange et anxiogène, car ici pas de fakes ! Chaque épisode dépeignant autant de visions de la vie connectées, détruites, ressuscitées, libérées… où Eros et Thanatos 4.0 s’entrelacent. Les récits s’enchaînent et à travers eux on découvre un monde à l’opposé du nôtre. Les protagonistes nous renvoient à des inconnues inimaginables, loin de nos vies tranquilles. Alors que certain•e•s découvrent à peine le web, d’autres ne remontent plus à la surface.

La force de cette série documentaire, c’est l’exploration des diverses facettes de ce monde virtuel, mais pourtant tellement bien présent dans nos vies. Impossible de ne pas être intrigué•e, interpellé•e par la puissance des nouvelles technologies. La réalisation est réussie, la photographie maîtrisée, le tout sans accentuation des émotions ou mise en scène malsaine. On est plutôt ici dans une approche sociologique du Darknet. Deux saisons à portée de clic qu’on vous conseille de prendre le temps de regarder, en ces temps confinés !

Pierre Marcoux