A Million Little Pieces de Sam Taylor-Johnson

par Stephan Gauvrit

Adapté du livre éponyme de James Frey, A Million Little Pieces est un film de Sam Taylor-Johnson. La réalisatrice britannique a, entre autres, signé Nowhere Boy (à voir) et l’adaptation de Cinquante nuances de Grey (qui est nettement plus dispensable).

A Million Little Pieces raconte l’histoire de James, interprété magistralement par Aaron Taylor-Johnson, un polytoxicomane qui, après un accident lors d’une soirée défonce, est amené de force par son frère dans un centre de désintoxication. Le centre, fondé et dirigé par des prêtres, impose des règles d’abstinence dures à ses pensionnaires, dont l’une des plus surprenantes : l’interdiction totale d’avoir des contacts avec des femmes. Là-bas, James va se confronter à sa toxicomanie, ses démons et ses problèmes, et fera un certain nombre de rencontres qui aideront sa quête.

Le film débute sur une chouette scène. Malheureusement, hormis quelques fulgurances dans les cadrages et la mise en scène, il se met vite à ronronner. Ce qui est d’autant plus désolant quand les fulgurances ont de quoi séduire et porter. Il y avait pourtant de quoi faire avec un tel sujet, nombre de questions à se poser : Pourquoi devient-on toxicomane ?, Comment s’en sort-on ?, etc.

Comme évoqué précédemment, James va rencontrer quelques personnes, dont certain•e•s sont interprété•e•s par des acteurs et actrices de talent : Billy Bob Thornton, Giovanni Ribisi et Juliette Lewis. Malheureusement, le scénario ne prend pas le temps d’installer vraiment ces personnages, à l’exception de James et Lilly. Les enjeux de chaque protagoniste sont à peine effleurés, les relations sont dépeintes de manière superficielle et leur profondeur est donc absolument insaisissable.

Placer des phrases, de la dureté, mais sans vraiment aller plus loin, tel est le principal écueil de ce long métrage. Il n’y a d’ailleurs guère que la scène du dentiste qui fera monter la tension d’un cran. Même si elle semble, du coup, trop violente, trop appuyée par rapport au reste du film, à la réalisation tristement banale.

Bref, un long format sur un thème fort qui survole son sujet, sans vraiment prendre de risques, ni position. Un film dont on ressort assez déçu•e•s… même si les émotions sont justes et bien jouées.

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