Poésie contemporaine aux Nuits 2015

Posted on 24/05/2015

En ce samedi 9 mai, ils sont nombreux à arpenter les couloirs du Botanique dans le cadre de la 22e édition du festival Les Nuits. Dix jours de festivités pour une centaine de concerts dont celui du rappeur britannique Obaro Ejimiwe, plus connu sous le nom de Ghostpoet.

C’est à l’Orangerie qu’a lieu, ce soir, le concert du baryton londonien, actuellement en tournée avec son troisième album studio : Shedding Skin. De la salle remplie aux trois quarts, s’échappe un brouhaha sourd et continu composé des différentes bribes de conversations en cours. En tendant l’oreille, on s’aperçoit vite qu’une grande partie des personnes présentes attend beaucoup de la prestation de cet artiste aux compositions tant atypiques que profondément ancrées dans la réalité.

Après quelques minutes de patience, les musiciens font leur apparition et s’installent au compte-goutte derrière leurs instruments, suivis de près par le poète des temps modernes. Tout de noir vêtu, un blouson de cuir sur le dos et de grandes lunettes sur le nez, il se dirige d’un pas sûr vers le micro qu’il saisit de ses grands doigts couverts de bagues. “So it seems the world ain’t stopped, it’s moving on. Why ain’t I following suit?”, les premières phrases de Better Not Butter résonnent dans l’Orangerie sous les yeux attentifs du public.

Totalement conquis par les productions studio de l’artiste, nous restons cependant pour l’instant relativement insensibles à cette prestation qui, bien que rodée, ne nous transporte pas aussi loin qu’elle le devrait. Les nouveaux et les anciens titres se succèdent et glissent sur notre carapace auditive jusqu’à ce que nous nous laissions finalement toucher aux tripes par le sublime Sorry My Love, It’s You Not Me, initialement enregistré avec Lucy Rose et interprété en live par la claviériste.

Une deuxième partie de concert pendant laquelle les émotions monteront crescendo face aux textes dégainés par ce franc-tireur à la voix rauque et aux inflexions lancinantes. Une performance entre spoken word et chant, moreaux mélancoliques et up-tempo marquée par des allers-retours entre les différents albums parus, avec comme point d’orgue les rythmiques colorées de Plastic Bag Brain et les boucles minimalistes de Us Against Whatever Ever en guise de cerise sur le cupcake.

Ghospoet ou quand le flow cockney de Mike Skinner rencontre l’electro dark de Tricky dans un tourbillon de vers contemporains.

Hélène Many

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Crédit photo : Mara De Sario