Interview : Unik Ubik

Posted on 14/09/2013

Né fin 2012 dans le Tournaisis, Unik Ubik n’a pas chômé depuis. Après quelques concerts de chauffe, dont un au Magasin 4 en première partie de Bosnian Rainbows (énième side-projet d’Omar Rodriguez-Lopez), le groupe s’est inscrit au tremplin du festival de Dour. Un concours que les quatre musiciens ont remporté et qui leur a permis de fouler la scène de la Petite Maison dans la Prairie en juillet dernier. Mêlant l’afro, le jazz et le rock progressif, les compisitions d’Unik Ubik sont à la fois complexes et dansantes. C’est en toute simplicité que nous leur avons poser quelques questions, histoire d’en découvrir un peu plus sur cette bande de joyeux lurons.

Comment est né Unik Ubik?

Troma : C’est l’histoire de trois vieilles stars du rock tournaisien qui se retrouvent (pour Thomas et moi après une pause de 15 ans!) pour échanger quelques idées musicales. La sauce prend rapidement, on s’amuse, on boit et on commence à composer. Petite divergence de points de vue par rapport au chant donc on décide de recruter un quatrième larron. A l’époque, on avait programmé un chouette groupe de jazz fou fou au Water Moulin : Louis Minus XVI. Après le concert, on contacte un de leurs saxophonistes, JB, et on lui propose de venir jammer avec nous pour voir si ça colle. Depuis ce jour-là, il fait partie du groupe.

Thom : Le groupe est né des cendres d’Alosbsol (Always Look On The Bright Side Of Life), projet de Troma et moi dans les années 90 ; de Kofeee, projet de Seb et moi de 2003 à 2009 ; et de Château Bourneville, projet de Seb et Troma de 2009 à 2012. C’est comme une bonne baise avec une ex : ça fait plaisir de se retrouver, on sait comment fonctionne l’autre (enfin les autres) et on sait comment se “mettre” pour plus de plaisir. On s’est vraiment lancé dans Unik Ubik le 3 octobre 2012 et JB est arrivé après un mois ou deux.

Pourquoi Unik Ubik? Est-ce que ça a une signification particulière?

JB : Unik, c’est l’anagramme de Kuni et Ubik, le titre d’un bouquin de Philippe K. Dick.

Vous étiez à l’affiche du festival de Dour cette année. Est-ce que vous y aviez déjà joué en tant que musiciens et qu’est-ce que vous avez ressenti?

Troma : Première fois pour moi. Très content de fouler la scène de ce festival, surtout avec un groupe qui n’a que sept mois d’âge. Dour étant, je pense, notre 5e concert. Après, jouer à 13h20 le deuxième jour, c’est un peu rude, tout le monde a la tête dans le cul et la plupart des gens ne quitte pas leur tente si tôt. On a quand même bien pris notre pied, rencontré des chouettes gens et puis on a dégoté un concert au DNA.

Orkestralone : Troisième fois pour moi et, chaque fois, c’est un peu mieux… un peu comme la gym, on a de moins en moins mal. ça m’a fait chaud au coeur et au slip… quelle chaleur!

JB : Première fois que j’y mettais les pieds que ce soit en tant que musicien ou comme spectateur (je suis Breton en fait). Perso, j’aurais préféré jouer l’année dernière… il y avait plus de boue. Mais sinon c’était bien beau.

Thom : Deuxième fois que je participe au tremplin (c’était avec Kofeee la première fois) et deuxième fois qu’on joue à Dour. Ce festival, c’est la mecque des musiciens, donc ça fait toujours plaisir d’y jouer et d’y aller en tant que spectateur pour voir ou découvrir de super groupes. Et puis, comme dit Troma, pour un 5e concert d’Unik Ubik, après les premières parties de The Ex et de Bosnian Rainbows, c’est plutôt cool!

Vous ne dévoilez que très rarement votre vraie identité, pourquoi?

Troma : On est un peu tous des malfrats. Certains d’entre nous sont recherchés depuis belle lurette. On tient donc à garder notre liberté. Puis, je ne vois pas en quoi c’est intéressant de dévoiler son identité. Ça n’intéresse personne de savoir qu’Orkestralone s’appelle en fait Jean-Sébastien Van Grotenbrulle.

Orkestralone : Ma mère ne doit absolument pas savoir tout ça. Elle en ferait une affaire d’état, je serais privé de football, plus question d’aller à la foire avec mes copains dans les autos-scooters… Tant que vous y êtes, dites-lui que je fume et que je bois!

JB : Bon allez, je veux bien la dévoiler pour vous : je suis Jean Boneth, fils d’éleveurs de porcs… j’ai gardé l’amour des cris de cochons gravé dans mon coeur.

D’après nos infos, vous deviez entrer en studio pendant l’été pour enregistrer votre premier album. Comment ça s’est passé et où en êtes-vous à l’heure actuelle?

Troma : On a enregistré huit titres dans la foulée du Dour Festival, fin juillet. Le mixage n’est pas encore terminé mais on va s’y mettre dans les semaines qui viennent. Suivant le résultat et la satisfaction de chacun, on avisera de ce qu’on en fera. L’idéal bien sûr serait de trouver un label prêt à produire la bête et de sortir une belle plaque vinyle, support qui nous tient à coeur.

Une anecdote musicale à nous raconter?

Troma : La musica, c’est le vent et c’est l’orage en été. C’est un simple bruit d’aile, un vol d´hirondelles qui fait la vie belle, qui nous fait rêver.

Orkestralone : Quand j’étais petit, je me levais la nuit pour jouer sur le matos de mon père (je réveillais mes parents), c’est là que j’ai su que je voulais devenir cuisinier.

JB : La vie est tellement belle quand on est musicien, c’est fou.

Thom : Gamin, j’ai hésité entre jouer de la batterie ou de la trompette. Dans les deux cas, un instrument « bruyant ».

Qu’est-ce que vous écoutez personnellement comme musique en ce moment?

Troma : Je n’écoute pas grand chose d’actuel… que des vieux bazars. Hier, j’ai regardé le docu sur Marc Aryan… un modèle. J’aime des stars belges comme Tichke, Lou Deprijck et André Brasseur. La musique arabe et la musique chinoise me touchent aussi beaucoup.

Orkestralone : Moi j’écoute des trucs actuels contrairement à ces vieux ringards : des remix dubstep de La Guerre des Etoiles versus Gangnam Style et aussi Macklemore version autotune russian dashcam quand je vais à la foire me la péter grave. J’ai aussi une veste en cuir Daft Punk et un t-shirt “I love Francis Lallane”… faut pas déconner.

JB : Moi je suis comme Jean-Jacques Goldman, j’ai arrêté d’écouter de la musique. Mais sinon j’aime bien aller à des concerts.

Thom : ça peut être aussi bien du math-rock que de la chanson française. J’aime bien le dernier Bertrand Belin par exemple (parfait pour s’endormir) ou encore du stoner, de l’électro, du noise rock, du psyché, etc. J’aime surtout quand il y a une mélodie.

S’il vous reste une heure de temps libre après une journée bien remplie, que faites-vous?

Troma : Je potage.

Orkestralone : Je vais à la piscine avec ma fille, je dessine, je cuisine.

JB : Je joue au garage avec mon gars.

Thom : Une heure de temps quoi?! Quand je regarde mon agenda, j’ai envie de pleurer.

Qu’est-ce que vous savez faire que peu de gens peuvent faire?

Troma : Cueillir des pois chiches avec les orteils!

Orkestralone : Je construis des abribus en cotons-tiges.

JB : Tourner mes pieds en sens inverse, de sorte que l’on peut croire que je marche à reculons tout en avançant véritablement.

Thom : Transpirer en mangeant.

C’est quoi votre drogue légale préférée?

Troma : L’amour, la bière.

Orkestralone : Zappa en intra-coustique.

JB : L’O2

Thom : Que du bio! Houblon, raisin, orge, …

Pourriez-vous chacun citer un adjectif qui qualifie chaque membre de votre groupe et nous dire en quelques mots pourquoi vous l’avez choisi?

Troma :

Thom : soigneux [protège sa batterie avec un drap après chaque répète].

Orkestralone : super consciencieux [pourrait prendre des cordes de rechange à l’enregistrement…].

JB : super sexy [faut mater son froc qui lui rentre dans les fesses pendant l’effort avec son sax].

Orkestralone :

Je tiens à dire que c’est une question qui fout la merde, on va finir par se taper sur la gueule si on se dit tout… mais bon je me lance. Je préfère donner un titre de chanson qui leur va bien… ouais, je sais… mais je fais ce qui me plaît, je suis chauve!

Thom : Big Mouth Strikes Again

JB : Einstein On The Beach

Troma : N°1 Au Hit Parade

JB :

Thom : suinteux [faut voir son t-shirt après la répète… même en hiver].

Orkestralone : gouleyant [ça m’est venu comme ça, sans réfléchir].

Troma : has-been [t’as vu ses chaussette, baby?].

Thom :

Orkestralone : une vraie fontaine artistique [lui, quand il fait caca, ce sont des notes].

JB : séducteur [on choisit pas le saxophone pour rien moi j’dis].

Troma : leader qui aime se faire mousser.

>> Retrouvez Unik Ubik en concert le 24 septembre au DNA (Bruxelles) à l’occasion des quatre ans du collectif HeXaGen et le 10 octobre au Rockerill à Charleroi.

Propos recueillis par Hélène Many

Crédit photo : Hervé Leteneur