Concert review : Cheveu, Scorpion Violente et Plastobéton à l’Atelier 210

Posted on 11/03/2014

Le 28 février dernier, Cheveu, Scorpion Violente et Plastobéton étaient en concert à l’Atelier 210. Une soirée made in France prometteuse en demi-teinte…

Plastobéton réussit à tirer parti d’une configuration ne laissant pas la place à la qualité sonore. Le trio de Metz envoûte rapidement la salle de son crachin no-wave. Tellement simple, tellement efficace! De toute sa force, le synthé guerroie avec une guitare – celle de Feeling of Love – à la fois corrosive et psychédélique. Au centre, tel un chevalier solitaire psalmodiant contre la musique : Sid (est-ce un signe?), le chanteur à l’attitude semi-autiste. Le groupe a un effet fascinant, à la vue comme à l’écoute. Le public est d’ailleurs en bonne partie ébahi.

Suit le duo Scorpion Violente, attendu et apprécié par beaucoup. Il faut dire que leurs vinyles charment, avec un son destroy et synthétique reconnaissable. Mais voilà qu’après l’énergie chamanique de Plastobéton, le drone, les rythmes à répétitions et le son d’outre-cave paraissent juste plats. Certes, par moments la magie opère et la rythmique nous agite par soubresauts, mais le soufflé retombe vite. Sans doute un mauvais jour pour ce groupe de qualité…

On compte donc sur Cheveu pour nous remettre d’aplomb après un concert sans vagues et une attente interminable pour accéder au bar! Et dès les premières notes, l’ambiance change du tout au tout mais, une fois de plus, le son n’est pas vraiment au rendez-vous. Le début du concert est parasité par une foule de soucis techniques mais le trio parvient tout de même à imposer son énergie et ses compositions de qualité. Annonçant cette date comme la release de leur dernier album BUM (sorti ce 4 février sur l’excellent Born Bad Records), le groupe déploie ses sonorités reconnaissables entre toutes et ses nouveautés avec brio. C’est à la fois sale et propre, électrisant et planant, avec une tribalité sous-jacente qui réveille enfin le 210. Les Bordelais nous font grâce d’une version très personnelle du classique Ice Ice Baby de Vanilla Ice, nous donnant presque envie de remercier le rappeur d’avoir permis la chose. David Lemoine, toujours hyperkinétique, nous gratifie de son parlé-chanté décapant et déchane les passions, tel un prophète du chaos, en terminant le show dressé sur ses machines.

L’after est, quant à elle, signée Teenage Menopause Records qui, comme à son habitude, assurera aux platines durant toute la nuit. N’en déplaise à la plupart, cette soirée nous laisse sur une pointe de déception : d’une affiche de rêve découlera une réalité hélas parfois bien fade. Notons que le mal ne venait pas forcément des groupes ce soir-là, le 210 n’étant peut-être pas le lieu le plus adapté pour accueillir des concerts.

Roxane A.