Pile au Botanique

Posted on 13/10/2019

C’est complètement sous le charme de son dernier album Green and Gray, sorti le 3 mai 2019, que nous nous sommes rendu•e•s au Botanique, ce samedi 5 octobre, pour assister au concert du groupe underground bostonien Pile, qui avait choisi notre capitale comme ultime étape de sa tournée européenne. Et clairement, le spectacle a été à la hauteur de nos espérances !

Tout a commencé par une ambiance, celle du Witloof Bar et de sa salle voûtée qui permet une réelle proximité avec les groupes. Une ambiance couplée ce soir à l’excellence technique des musiciens de Pile, chacun démontrant sa maîtrise sans pour autant écraser ses comparses (on pense en particulier au batteur, Kriss Kuss, qui bien qu’ayant un physique imposant assure un jeu tout en subtilité).

Magnifiant l’esprit de groupe, Pile assure avec une totale aisance des changements radicaux de rythme passant du rock doucement psyché à des sonorités radicalement punk, le tout dans le même morceau. En découle une approche qui peut paraître, aux oreilles de certains, trop complexe voire intellectuelle, mais lorsqu’on y adhère s’accompagne d’un sentiment de plénitude.

On ne peut à cet égard que vous conseiller d’écouter leur dernier opus. Avec des titres aux univers aussi variés que Firewood qui commence comme une ballade anodine pour se terminer en effusions de fureur, les instruments s’emballant et entraînant dans leur sillage la voix du chanteur Rick Maguire, ou que On a Bigger Screen qui s’ouvre par des rythmes soutenus et dissonants pour terminer en douceur.

D’autres morceaux comme le très beau Other Moons et Hair sont, quant à eux, tout doux et exclusivement centrés sur la voix. Mais la rage n’est jamais très loin, tapie dans l’ombre, comme dans The Soft Hands of Stephen Miller qui commence comme une explosion. On pointera également Lord of Calendars, My Employer (et ses paroles troublantes) et le très beau No Hands. Très bon moment !

Petit couac technique cependant, en fin de concert. Alors que Rick Maguire et ses comparses s’apprêtaient à entamer leur dernier morceau, un ampli a rendu son dernier souffle, stoppant net leur élan et sonnant l’arrêt prématuré des festivités. Il faut dire que c’était la dernière date de leur tournée…

Sandrine Job

Crédit photo : Carl Lambert