Interview : Mountain Bike

par Roxane Ancis

Mountain Bike assurera, ce mercredi 4 décembre 2013, la première partie de Ty Segall au Vk*. Ils joueront aux côtés de White Fence et Night Beats dans le cadre de l’Autumn Falls. Ce quatuor bruxellois n’en est qu’à ses débuts, mais signe un parcours sans fausses notes. Démarrage au quart de tour garanti pour (et avec) nos Beatles home made qui font chavirer le coeur des donzelles et des rockeurs avec leur melting-pot sixties/pop/garage. Nous avons rencontré Stefano, Charles-Antoine et Junior (le basset de ce dernier) pour une interview décontractée et bon enfant sur fond de Black Keys. Gros plan sur un nouveau phénomène qui s’annonce ravageur!

Parle-nous un peu du groupe

Stefano : Le groupe s’est formé il y a un peu plus d’un an, en septembre passé. C’est assez récent et on vient tous de formations différentes. Charles jouait dans les Marvin Gays, Etienne et moi dans Warm Toy Machine. Et puis, Aurélien, il a eu d’autres groupes, il a fait beaucoup de choses. Là, il a un projet solo folk : June Moan.

Comment tout a démarré?

Stefano : En fait, c’est une idée d’Etienne. A la base, il a commencé avec Charles-Antoine. Il avait beaucoup de compos en dehors de Warm Toy Machine, des compos plus pop, et il voulait faire un truc plus tranquille. Vu qu’ils répétaient en-dessous de ma chambre, je les entendais donc, un jour, je suis descendu et j’ai dit : “bon ben j’improvise”… et je me suis mis à la basse. Puis, Charles(-Antoine) a invité un pote à lui de Tournai : Aurélien. Tout ça, c’était dans le courant de l’été passé, ensuite, ça a évolué assez vite! Etienne avait vraiment beaucoup de compos sous la main.

C’est lui le leader en fait?

Stefano : C’est lui le leader, ce sont ses idées. Maintenant, il arrive avec trois accords, il pose son truc puis chacun bosse son instrument. C’est toujours lui qui arrive avec des idées, et nous, on arrondi, on retravaille.

En un an, vous avez sorti pas mal de choses : une démo, un EP…

Charles-Antoine : On a sorti un 45 tours qu’on a enregistré à la maison et là, on a enregistré l’album aussi.

Une date de sortie?

Charles-Antoine : ça c’est l’énigme. Courant 2014 probablement. On cherche un support, un label. Il vient juste d’être masterisé, ça fait un mois qu’il est prêt.

Vous êtes une belle bande de cyclistes… sinon pourquoi avoir choisi Mountain Bike?

Stefano : ça n’a rien à voir! On cherchait un nom et j’avais un t-shirt avec l’inscription Mountain Bike et un vélo dessiné dessus. Je ne sais même pas comment ça en est arrivé là. Je suis parti en ville faire des photos avec Freddy D’Hoe…

Charles-Antoine : qui a fait la pochette du premier 45 tours.

Stefano : On s’est dit ce serait chouette que le nom du groupe ne soit pas vraiment écrit dessus. Du coup, le nom du groupe est sur mon t-shirt et on a gardé Mountain Bike parce qu’on trouvait ça chouette.

Charles-Antoine : Après, c’est un clin d’oeil un peu marrant à tous ces groupes qui se prennent au sérieux et s’appellent Great Mountain Fire, Black Mountain… nous c’est juste Mountain Bike!

VTT quoi!

Stefano : On a failli être booké pour un concert lors d’un rassemblement de vélos.

Charles-Antoine : On nous a contacté pour la finale du championnat du monde de cyclisme, pour jouer sur la Grand Place d’Anvers. Un magasin de vélos nous a aussi contacté pour faire un show. On a été chroniqué sur des blogs vélo aussi… alors qu’aucun de nous quatre n’en fait! Après, le revers de la médaille, c’est que si tu tapes Mountain Bike sur Google, tu tombes sur tout sauf sur nous!

Concernant votre musique, on reconnait des influences flagrantes mais finalement assez différentes. Par moments, c’est de la pop sixties à d’autres ça sonne comme Black Sabbath.

Charles-Antoine : C’est un peu l’histoire. On a tous écouté beaucoup de musiques différentes. J’écoutais beaucoup de pop et de trucs un peu plus sixties, les Beatles, le Velvet, ce genre de choses. Aurélien a un background un peu plus heavy métal, black métal. D’où peut-être un peu ce côté Sabbath, noise. Etienne et Stefano sont très garage, sixties, trash, blues. Ca fait une espèce de patchwork mais qui bizarrement, je trouve, fonctionne bien.

Je n’ai pas dit le contraire!

Charles-Antoine : Ca a été un peu une discution qu’on avait. Savoir s’il fallait qu’on s’en tienne à un style, que les morceaux collent ensemble au fur et à mesure du set. Puis on s’est dit bon…

Stefano : Pour moi, ça reste assez naturel. Il y a une idée de départ qui est là. Après, l’interprétation qu’Aurélien va apporté à la guitare va toujours être personnelle. Pareil pour Charles à la batterie. De toute facon, on en discute. Moi à la basse, je suis un peu novice. Ca fait un an que je joue, j’essaye de m’exprimer. Etienne et Aurélien sont tous les deux guitaristes donc leurs styles vont se mélanger. Les compos qu’Etienne apportent sont très pop. Pourtant, parfois, elles vont devenir plus puissantes parce que l’interprétation de chacun va les emmener dans ce sens là. Il y a vraiment quatre influences différentes au sein du groupe.

Charles-Antoine : On s’est dit qu’on ne se refuserait rien. ça nous plaît, on joue et puis voilà. On n’a pas envie de s’enfermer dans telle ou telle case. On a laissé tomber les codes du genre.

C’est vrai que, finalement, vous arrivez à faire à la fois de la pop pas trop mièvre et du garage pas trop bruyant…

Stefano : On commence tous à avoir nos expériences et c’est clair que je ne suis pas du tout contre le fait d’avoir un projet qui commence à sonner vraiment bien. Rien que dans le traitement de l’album : il est hyper léché, le son donne très bien. C’est pour ça que les gens ne trouvent plus du tout ça garage (au niveau du traitement sonore en tous cas).

Charles-Antoine : On a pas mal réfléchi sur ce côté garage, le côté lo-fi et on s’est dit que ça ne servait a rien de le faire juste pour faire ça. On est en train de changer, enfin on grandit. Les attentes évoluent aussi. On ne veut pas faire du crado pour faire du crado. Après si ça sert le morceau, c’est bien.

Stefano : Je crois qu’on est tous étonné de ce qu’on est en train de faire. C’est un truc nouveau, en tout cas pour moi : travailler la retenue pour arriver à un truc plus intéressant. Si la compo est bonne, elle sera forte de toute façon, sans mettre du volume ou la “crader” à mort.

Charles-Antoine : Ce n’est pas non plus une volonté de faire du “mainstream”. ça se fait comme ça, c’est pas un choix de rentrer dans le rang. Il y a un engouement autours du groupe qu’on a jamais vraiment eu avant. Des gens s’intéressent au projet, on est maintenant accompagné d’un booker. Il y a plus d’enjeux par rapport aux groupes qu’on avait avant.

Vous croyez que c’est parce que vous êtes plus “dans les rangs ” justement?

Stefano : Je pense que c’est une expérience qui finira par payer tôt ou tard. Tout c’est fait naturellement, simplement. C’est la première fois que des gens nous suivent, comptent sur nous. Au départ, c’est toujours “do it yourself”. Là, pour une fois, on se sent soutenu.

Comment vous appréhendez le concert du 4 décembre? ça représente quoi pour vous?

Stefano : Déjà, on va jouer avec des groupes qu’on aime beaucoup! ça fait toujours plaisir de faire la première partie d’artistes comme Ty Segall et White Fence. Puis là, c’est le Vk*, on n’y a jamais joué. L’ambiance et les gens, ça va être super. Night Beats s’est rajouté aussi, on risque de jouer un peu tôt, vu qu’on est les plus jeunes donc j’espère qu’il y aura quand même un peu de monde.

Charles-Antoine : C’est assez bizarre de se retrouver dans ce genre de grosse salle directement. Avant l’été, on a joué pour Les Nuits Botanique et ça m’avait assez fait stressé, en fait. Tu te retrouves dans une super grosse salle, pleine. On avait joué que dans des bars avant. Et là, on est programmé dans des gros trucs, assez régulièrement. On s’y habitue au fil du temps, mais moi, ça me stresse assez les grosses salles.

Stefano : Et moi ça m’excite à mort!

Charles-Antoine : Le challenge, c’est de réussir à être aussi bon dans une grosse salle que dans un bar. La magie qu’il peut y avoir dans les petits endroits est plus difficile à recréer dans de plus gros.

Tiens, au niveau des visuels, je crois savoir que vous bossez avec Robin Renard? D’autres plans avec lui, d’autres projets en général?

Charles-Antoine : Il a fait nos t-shirts, ouais.

Stefano : Là, on a d’autres t-shirts qui vont arriver. Le premier, c’était une amie de Robin (Florence) qui l’avait fait. Le deuxième, c’est Robin lui-même. Il avait fait plusieurs modèles, avec des couleurs différentes. Et là, le troisième t-shirt c’est…

Charles-Antoine : Un pote de Tournai, Tom Bornarel. On travaille toujours avec les potes. On va de l’un à l’autre en fonction des envies. On essaye de les garder près de nous. Il y a aussi Elzo qui bosse sur un “artwork” pour le disque.

Sinon, des ambitions secrètes ou totalement assumées?

Stefano : Comme le porno ou…?

Je parlais plutôt au niveau du groupe…

Stefano : Ben déjà, je pense qu’on est jamais arrivé aussi loin, donc on est bien content. Après, j’espère que ça va continuer!

Charles-Antoine : Partir en tournée, en support d’un gros groupe avant la fin de l’année. Déjà, l’objectif, c’est de sortir l’album, de trouver un bon label qui fera du bon boulot. Et de tourner dans les festivals cet été, si tout va bien!

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