Dunk!festival 2016… au commencement #jour1

Posted on 17/05/2016

5, 6 et 7 mai 2016… Trois jours marqués d’une croix rouge sur notre calendrier. Depuis plusieurs semaines, on trépigne d’impatience à l’idée d’assister à cette grand messe dédiée aux post-musiques qu’est le Dunk!festival. Il faut dire que cette année les Lievens père et fils ont mis les petits plats dans les grands avec en tête d’affiche 65daysofstatic, This Will Destroy You, Pelican et surtout les excellents Russian Circles, de passage à Zottegem pour la première fois ! À côté de ces alléchantes formations, une multitude de groupes (Fall of Messiah, CHVE, Osbcure Sphinx, Syndrome et Kokomo, pour ne citer qu’eux) ne font qu’attiser davantage notre ardeur.

Jeudi 14h, après moins d’une heure de route, on arrive en Terre sainte à bord de la Becultmobile. Premier constat, le site s’est agrandi et la déco joliment améliorée : des bancs en palette disposés ça et là, des chemins tracés à travers le petit bois et décorés de loupiotes féeriques, un nouvel emplacement pour le merch qui est désormais abrité sous une belle tente blanche avec plancher… et on peut payer par carte. « Sans avoir l’intention de grandir encore », nous confiera quelques heures plus tard Michiel, bénévole au Dunk! depuis plusieurs années. Un festival à taille humaine, viable sans subsides, avec une programmation de qualité et une atmosphère conviviale, voilà ce que souhaitaient mettre en place les organisateurs et on peut dire que le but est atteint !

On profite de la météo clémente pour pique-niquer sur l’herbe du parking n°2, tout en faisant la circulation pour les conducteurs troublés par la nouveaux agencements. À l’heure du goûter, Fall of Messiah ouvre les festivités. Explosion de lumières sous la chapiteau de la main stage. On a d’ailleurs ouï dire qu’elle était, après celle du Pukkelpop, la deuxième scène la plus illuminée de Belgique. Autant dire que l’ingé lights a de quoi s’en donner à coeur joie ! Les Français sont venus nous présenter leur nouvel album : Empty Colors. Un recueil d’hymnes post-rock teintés de mathcore, justement servi pour aiguiser notre appétit.

On enchaîne avec Slowrun à la Stargazer et son shoegaze atmosphérique qui nous fait mater nos grolles. Des faisceaux lumineux bleus balaient l’avant-scène comme autant de phares guidant le quatuor dans une mer sombre et agitée. Des vagues de guitare langoureuses instaurant une ambiance mélancolique. Une batterie tout en souplesse et légèreté qui nous emmène dans une lente traversée de paysages marins aux textures granuleuses. On se laisse porter par les flots de ce jeune groupe finlandais.

Après cette escale planante, on a du mal à décoller son postérieur du plancher. On traîne encore quelques minutes dans l’obscurité de la Stargazer avant de se décider à affronter la lumière du jour. Spoiwo enchante le public de la main stage pendant qu’on se prend notre première “pintje” de la journée, profitant des derniers rayons de soleil. On tend ensuite l’oreille du côté de la petite scène pour constater qu’Environments sonne vraiment différemment en live qu’en studio. Un son général plus englobant et rond, non loin du jazz contemporain.

On se dirige ensuite vers la main stage où Obscure Sphinx doit se produire. Si l’on s’enthousiasmait à l’idée de découvrir cette formation polonaise de post-metal menée par une chanteuse – fait tellement exceptionnel dans le milieu qu’il mérite d’être évoqué – on ne sera finalement que moyennement convaincu par sa prestation. Même si Zofia Fras nous impressionne par sa maîtrise vocale et son chant hurlé façon postcore, elle amène cependant un côté niais à l’ensemble, notamment lorsqu’elle passe en voix claire (style metal symphonique) ou qu’elle surjoue en se tordant sur le sol dans son top échancré, à la manière d’une actrice de téléfilm gothique. Sensation d’inégalité que l’on retrouvera à l’écoute de Void Mother, dernier album en date du groupe, autant plaisant grâce à des morceaux tels que Lunar Caustic et Decimation que surfait (Feverish, The Presence of Goddess).

Dernier concert pour la rédac’, qui a choisi de clôturer ce premier jour au Dunk! par le live de Tides from Nebula. Performance pourtant suivie par celle de la tête d’affiche de ce jeudi, à savoir 65daysofstatic. Pourquoi ? Tout simplement parce que malgré leur talent, les Sheffildois sont en quelques sortes (comme l’était Maybeshewill) les mecs que l’on croise dans tous les festivals pointus d’Europe et qu’on les a trop vus pour pouvoir apprécier leur musique à sa juste valeur… mais aussi parce qu’on n’a plus 20 ans et que le début de la semaine a été rude !

Les Polonais (décidément, la Pologne est un pays prolifique en matière de post-musiques) de Tides from Nebula ne sont pas inconnus au bataillon. On les avait en effet découverts ici même en 2014. Hasard du calendrier, la sortie de leur nouvel album est prévue pour demain. C’est donc en avant-première que les musiciens nous interprètent un nouveau titre. Peu après le début du concert, un jeune Tourangeau prénommé Vincent en profite, le houblon avalé plus tôt dans la soirée aidant, pour taper la causette avec nous. Nous apprenant que, du haut de ses vingt ans, c’est la première fois qu’il vient en Belgique et qu’il est ici pour Russian Circles, qu’il a vu quelques jours plus tôt en concert à Orléans.

Pendant ce temps-là, un festivalier bien imbibé tente une percée dans l’espace réservé aux photographes et se fait rembarrer par Joris, photographe et membre de la Dunk!crew depuis plusieurs années. La sécu est quasi inexistante ici et c’est tant mieux ! Le Dunk!festival, c’est une histoire de famille et donc de confiance, où chacun contribue à ce que tout se passe bien.

Il est l’heure pour nous de rendre la plume… la suite au prochain épisode !

Hélène Many

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Crédit photo : Félicie Novy