Dunk!festival 2014 – Part 2

Posted on 28/04/2014

Zottegem, 20 avril 2014. Après une courte nuit dans nos sacs de couchage sarcophages, ceux-là même que l’on ressortira pour Dour dans quelques mois, nous voici d’attaque pour cette troisième et dernière journée du Dunk!festival.

Ce matin, la météo est moins clémente. Bien heureux sont ceux qui ont prévu leur petite laine! Lentement, les festivaliers émergent de leur sommeil. Après un ballet d’assiettes colorées et de tasses fumantes, direction la mainstage pour MIAVA (abréviation de Maria Isn’t A Virgin Anymore). Ce quatuor originaire de Flandre occidentale compose un stoner rock instrumental. Difficile pour eux de nier l’influence de grands noms de la scène post metal actuelle dont, entre autres, Russian Circles. Impossible aussi, face à ce bon swing, de ne pas évoquer les années 90 (Rage Against The Machine, Korn, etc.). En ce dimanche pascal, MIAVA s’en va-t-en guerre.

Perdu quelque part entre la chaleur planante d’un riff et la froideur d’une ligne de basse puissante, on se laisse embarquer pour un voyage des plus délectables. Lost In Kiev (but from Paris), c’est du post-rock mais pas n’importe lequel, celui qui connaît la nuance, qui sait quand donner et quand se retenir. Une électrisante performance musicale justement ponctuée d’enregistrements vocaux, sublimant un set mené de main de maître des premières notes aux dernières.

Il fait faim! C’est l’heure de déguster une délicieuse paella végétarienne pour ensuite s’allonger dans les hautes herbes, le visage réchauffé par les rayons du soleil et les tympans bercés par la douce mélodie (Aesthesys) qui s’échappe des enceintes toutes proches.

Des accords ultras lourds, quelques sonorités électroniques mais surtout des guitares massives et une batterie (parfois presque double) du tonnerre… Place à Year Of No Light. S’il n’existait qu’un seul terme pour qualifier ce sextuor français, ce serait “hypnotisant”. La noirceur plaintive des compositions de ces musiciens ensorcelle, en effet, l’oreille de ses volutes répétitives. Venus tout droit des abysses, ils nous emmènent avec eux au coeur des ténèbres du post-hardcore.

Direction la voie lactée avec God Is An Astronaut. Le public est venu en masse pour ce concert de clôture du Dunk!festival. Si musicalement le groupe se rapproche de ses excellents cousins écossais de Mogwai, il ne parvient toutefois pas à nous faire décoller aussi vite qu’eux. Il faut dire que les Irlandais sont de grands amateurs de ce dispositif électronique que l’on appelle vocodeur. S’il ajoute une couleur métallique appréciable à la voix lorsqu’on l’utilise à bon escient, ce synthétiseur vocal peut vite devenir énervant, voire légèrement ringard quand il figure sur la quasi-totalité des morceaux. Malgré une sortie de scène sous les applaudissements de la foule captivée, la prestation du groupe ne figurera pas parmi nos meilleurs concerts de cette édition 2014. Mais comme le laisse entendre l’expression : tous les goûts sont dans la nature.

Dunk!festival 2015… allez, viens!

Hélène Many et Nancy Junion