Alcest, Birds in Row et Kælan Mikla au Botanique

Posted on 08/03/2020 by BeCult

C’est un programme bien chargé qui nous attend, ce mardi 3 mars, à l’Orangerie. Une tournée qui affiche complet à presque chaque date, trois formations qui ont déjà fait leurs preuves et l’occasion de découvrir l’album Spiritual Instinct en live. Trois heures à errer entre lumière et ténèbres.

C’est dans une brume tantôt pourpre, tantôt mauve, que s’avancent les trois prêtresses de Kælan Mikla. Vêtues de noir et recouvertes de chaînes, elles font régner une ambiance chamanique sur la scène qui s’imprègne peu à peu d’une odeur d’encens. Les titres s’enchaînent ensuite, suivant souvent le même pattern : la chanteuse Laufey frappe d’une baguette son sampler, la basse de Magrét accentue le rythme avant de laisser les notes sombres du synthé de Sólveig venir accueillir le chant si particulier de Laufey.

C’est aux alentours de 20h30 que débarque sur scène Birds in Row, trio originaire de Laval. La scène est plongée dans une pénombre percée de quelques ampoules placées ci et là. Une ambiance intimiste qui vient soutenir la musique puissante mais sensible du groupe. Les trois Français nous délivrent une performance qui met les nerfs à vif, un véritable déferlement d’énergie qui prend aux tripes et au coeur. Bart Hirigoyen prend le temps d’annoncer certains morceaux, parlant de politique et de problèmes de société. Le public applaudit et ça repart de plus belle. On aura même droit au très puissant track You, Me & The Violence, tiré de l’album éponyme. S’il faut une preuve que le post-hardcore a encore de beaux jours devant lui, elle est juste devant nos yeux.

Alcest prend le relais sur le coup de 21h30. Un light show à la lumière presque réconfortante illumine la strige issue de la cover de leur nouvel album. Winterhalter trône en hauteur, derrière sa batterie. Devant lui, Neige et ses deux acolytes sont prêts à faire rugir leurs instruments. Dès les premières notes, le groupe nous rappelle pourquoi on est venu•e•s. Ce son si particulier quelque part entre le shoegaze et le black metal, ces guitares au son éthéré et mélancolique. Après chaque morceau, le silence règne, marquant l’impatience d’en entendre d’avantage. “Quel silence !”, laisse échapper Neige avant d’annoncer le prochain morceau. Le nouvel album comme les précédents ont droit à leur moment de gloire, notamment avec un Kodama toujours aussi percutant de beauté. La soirée se terminera avec Neige, dos au public, genoux à terre, portant sa guitare à bout de bras, sur l’excellent Délivrance. Image qui viendra sublimer la performance contemplative à laquelle on vient d’assister.

Loïc Guillaume

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Crédit photo : Emmanuel Bossier