Web Junkie

Web Junkie

Posted on 16/06/2014 by BeCult

La 6e édition du Festival Millenium se déroulait début avril à Bruxelles. Cette année, cet événement international de référence avait pour fil rouge les relations Nord-Sud. Créé en 2009 et initié pour mettre en avant les Objectifs du Millénaire, définis par les Nations Unies en l’an 2000, ce festival reflète les grand enjeux et idéaux de notre époque. Zoom sur Web Junkie, l’un des films qui a attiré notre attention parmi la centaine de documentaires projetés.

Présenté en première mondiale au Festival du Film de Sundance en janvier 2014, Web Junkie aborde une thématique contemporaine : l’addiction au web. En effet, si pour certains la toile constitue un simple outil de communication, pour d’autres, elle est une véritable drogue. Pour soigner ce qu’il considère comme un trouble clinique, le gouvernement chinois préconise un traitement combinant méthodes thérapeutiques traditionnelles et discipline militaire.

Shosh Shlam et Hilla Medalia, les réalisatrices de ce documentaire, nous plongent dans l’univers d’un centre de réhabilitation à Pékin et nous emmènent à la rencontre de trois adolescents qui y séjournent. La plupart des jeune patients de ce centre y ont été envoyés, contre leur volonté, par leurs parents. Ils vivent derrière des barreaux et sont encadrés par des soldats. Pendant trois à quatre mois, ils suivent un programme associant médication, thérapie et entrainement physique, leur hygiène alimentaire étant également strictement contrôlée.

L’existence de tels centres de désintox’ pour geeks soulève une question essentielle : l’addiction à internet est-elle un phénomène social ou un trouble clinique? Le noeud du problème ne résiderait-il pas au final au coeur de la fracture communicationnelle parents/enfants, poussant les ados à remplacer la vraie vie par le monde virtuel? C’est en tout cas le sentiment que l’on a en visionnant ce documentaire.

Web Junkie ou 74 minutes déroutantes (parfois drôles mais souvent tristes) sur les dérives comportementales de nos sociétés modernes.

Hélène Many