The OA

The OA

Posted on 28/12/2016 by BeCult

Après l’énorme succès de Stanger Things, Netflix a surpris tout le monde, le 16 décembre dernier, en diffusant The OA. Une série divisée en huit épisodes, dont la durée varie entre 30 et 70 minutes, écrite par Brit Marling – qui incarne également le personnage principal – et Zal Batmanglij. Pour sa première expérience ‘séristique’, le duo, habitué du cinéma indépendant (The East, Sound of my Voice), s’est adjoint les services de la société de production de Brad Pitt.

Une jeune femme blonde apeurée slalome entre les voitures sur un pont. Sous les yeux des automobilistes impuissants, elle enjambe la rambarde et se jette dans le vide. Elle se réveille à l’hôpital, les pieds bleuis par le choc, mais en vie. Son nom : Praire Johnson. Mais elle souhaite qu’on l’appelle dorénavant OA. Après avoir disparu pendant sept ans, la jeune femme, qui était aveugle lors de sa disparition, voit maintenant parfaitement. Où était-elle pendant toutes ces années ? Comment a-t-elle recouvré la vue ? Telles sont les questions qui hantent l’esprit de Nancy et Abel, ses parents adoptifs.

Pour certains, Prairie est un miracle vivant, pour d’autres, une folle dangereuse. Entourée de cinq personnes, choisie par ses soins, elle va petit à petit dévoiler son incroyable autobiographie au cours de rencontres, secrètes et nocturnes, organisées dans une bâtisse abandonnée de son quartier. Son enfance en Russie, presqu’un conte de fée, son adolescence marquée par une dépression médicamenteuse et son passage à l’âge adulte, qu’elle a vécu en captivité mais dont elle est ressortie avec une foi inébranlable. Des séances qui révéleront bien plus qu’une simple histoire de disparition.

Si l’on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec Stranger Things (saignements de nez, visions, eau), The OA s’avère au final encore plus étrange que sa lointaine cousine. Pas de demi-mesure avec cette nouvelle création Netflix : soit on se laisse prendre immédiatement, soit on décroche face à un récit complexe et onirique qui se déroule lentement, surtout dans les premiers épisodes.

Thriller, science-fiction, drame familial… Avec The OA, les genres cinématographiques se mêlent pour donner naissance à une série aussi intrigante que déstabilisante. Portée par la mystérieuse et naturellement captivante Brit Marling (Prairie Johnson), elle s’appuie sur les notions de dualité (vie/mort, folie/santé, liberté/captivité) et d’équilibre pour construire un récit en flashback fait de destins croisés, de personnages mis en relief par une réalisation sobre, voire minimaliste, et une esthétique soignée.

Malgré quelques scènes franchement kitschs, on se laisse convaincre par cette histoire pourtant difficilement crédible tout en doutant toujours de ce qui se déroule sous nos yeux : Prairie a-t-elle vraiment vécu ce qu’elle raconte ou l’a-t-elle inventé de toutes pièces ? Un sentiment qui perdurera jusqu’au huitième et dernier épisode – pouvant autant faire office de fin définitive que de porte ouverte à une deuxième saison (pour l’instant pas encore commandée) – qui nous laissera bouche bée.

Si Netflix attend d’analyser les audiences avant de prendre sa décision, les réalisateurs se disent en tout cas prêts à poursuivre l’aventure… et nous aussi !

Hélène Many