The Black Angels

The Black Angels et A Place To Bury Strangers à l’AB : Close your eyes and enter the void

Posted on 26/09/2017 by BeCult

C’est dans une Ancienne Belgique comble que nous pénétrons pour faire connaissance avec le groupe A Place To Bury Strangers. Après Nine Inch Nails en 2008 et leur Lights in Sky Tour, c’est la première partie des texans de The Black Angels que le groupe honore sur cette tournée.

À peine arrivés (en retard), on est surpris par des boules de lumière mouvantes et multicolores qui jaillissent au milieu de la salle. Est-ce un membre du groupe ? On ne pourra le deviner que par les regards des spectateurs, rivés sur le sol, qui semblent admirer un être non identifié. Un effet étrangement rétro et mystique qui suffit à lancer la soirée. Influencée par le fameux mur du son de Phil Spector, la réverbération des sons nous enveloppe dans une atmosphère qui nous plonge au sein d’une forêt sombre et dense, là où les cimes des arbres se confondent avec le ciel. Une immersion presque totale qui donne l’impression que quelque chose pourrait surgir de n’importe où sans crier gare.

Le trio formé par Oliver Ackermann (chant et guitare), Robi Gonzalez (batterie) et Dion Lunadon (basse) se meut lentement et prend possession de ses instruments au milieu des stroboscopes incessants. Concept intéressant par ailleurs : Oliver passe le plus clair de son temps le dos tourné, ajoutant ainsi une dimension impénétrable à ce tableau déjà envoûtant. À la fin d’un set légèrement trop court à notre goût, vient le temps d’une pause, celle de prendre quelques notes sur le show auquel on vient d’assister. Patience, The Black Angels ne tardera pas à prendre possession des lieux !

Quelques minutes plus tard, on est aspiré dans un road movie américain des sixties avec le premier morceau du soir Currency. Zoom sur ces années golden auxquelles, avouons-le, on aurait tous aimé prendre part. En fond de scène, l’écran brille déjà de milles couleurs flamboyantes et kaléidoscopiques, amenant cette ‘touch’ caractéristique de l’époque.

Les débuts sont très timides. Le groupe et le public doivent visiblement s’apprivoiser… et cela prend du temps. On déplore un certain manque de relief dans la prestation. L’énergie est très constante et au bout du quatrième morceau, I Dreamt, notre esprit se met à rêvasser. Est-ce vraiment l’endroit idéal pour un concert de The Black Angels ? Ne serait-on pas plus à l’aise sur une plaine de festival, les cheveux aux vents, assis dans l’herbe afin de savourer la performance à sa juste valeur ? Ou peut-être, devrait-on se débarrasser de ces bouchons d’oreille qui, mine de rien, nous empêchent de nous immerger totalement dans l’instant ? Attention, ne le faites pas, protégez vos précieux tympans ! Bingo, le concert prend une toute autre dimension dès lors que nos petites oreilles fragiles font directement face aux décibels, sans aucun filtre. A mi-parcours, le groupe nous balance son Black Grease qui achève de nous emmener ailleurs, là où vêtue d’une longue robe virevoltante, quelques fleurs ornant notre chevelure, on se balade pieds nus.

Changement d’ambiance lorsqu’une mascotte vêtue d’un costume de panda déboule sur scène et, sans aucune hésitation, se jette dans la foule pour un slam de quelques minutes qui la transporte de part et d’autre de la salle. L’ambiance repart un petit peu, surtout lorsque le groupe entame son tube, celui qui traine dans notre playlist Spotify depuis quelques temps maintenant : Entrance Song. Jake Garcia nous complimente d’un « you are great, you are awesome » qui fait toujours plaisir à l’égo. De sa voix scintillante, il nous emmène pour de bon dans les méandres psychés d’une spirale colorée tournoyante. The Black Angels nous replonge 40 ans en arrière. Le set semble à ce moment d’ailleurs totalement improvisé et s’achève par Young Men Dead.

Finalement, The Black Angels, c’est un peu comme un psychotrope : il faut du temps pour que ça monte au cerveau mais une fois que c’est le cas, l’effet ressenti est puissant. Il transporte. On aimerait rester dans cet état mais le jour finit par se lever. Le groupe quitte la scène sous les applaudissements. Les lumières se rallument. La fête est finie, il est temps pour nous de redescendre sur terre !

Asma El Guezouli

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Crédit photo : Félicie Novy