Suuns © Carl Lambert7

Suuns au Botanique

Posted on 02/05/2018 by BeCult

Suivant l’appel, d’une popularité certaine, une foule considérable s’était rassemblée à l’Orangerie du Botanique, le 6 avril dernier, afin de (re)découvrir Suuns.

Terrasse enfumée et salle presque déserte pour accueillir la première partie qui, non sans être inintéressante, n’a pas réussi à captiver l’attention du public. Il faut dire que lorsqu’on attend avec impatience l’énergie des Canadiens à suivre, le set solo, ambient et introverti qui se déroule n’a pas de quoi transcender. La différence d’attrait sera de taille puisqu’ensuite ce sera la croix et la bannière pour se frayer un passage vers une place (presque) décente. Ces derniers temps, force est de constater que même un concert n’affichant pas encore sold out devient un enfer de monde. La jauge de la salle aurait-elle été augmentée ?

Le concert démarre donc dans le calme, la pénombre et les cris enthousiastes. Dès le premier morceau, l’atmosphère est posée et le groupe nous emporte dans son univers aux textures musicales léchées. Suuns, c’est le genre de groupe qui a su faire parler de lui et chavirer le coeur des mélomanes depuis près de 10 ans avec ses compositions à l’étrange mais néanmoins brillante mixité sonore : tantôt noise, tantôt électronique, tantôt psyché, tantôt bass music.

C’est pour Felt, leur dernière production, qu’ils foulent ce soir les planches saint-jossoises. Ce quatrième opus ne semble hélas pas se montrer à la hauteur de ses prédécesseurs et teinte carrément tout le live d’une pointe de déception. 
La sauce prend mais seulement à moitié. C’est terrible par moments, chiant à d’autres. On plonge dedans puis on décroche.

Par chance, les Canadiens exécutent un magistrale rattrapage avec l’excellentissime 2020 qui, en quelques minutes, remet le feu au public. 
Les musiciens sont tops, le son est au poil, le public est chaud mais la puissance n’y est pas.

Visuellement, les musiciens semblent se donner, mais on ne jouit malheureusement pas des répercussions sonores assimilées à cette vision. Serait-ce dû à la batterie, au départ sous mixée, ou encore aux nouvelles limitations sonores ?

On s’attendait comme toujours à une claque, ce ne sera pas le cas cette fois. Petite baisse de régime, donc, pour le quatuor dont il reste toutefois de très bons albums à écouter encore et encore.

Roxane A.

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Crédit photo : Carl Lambert