Liars © Marie Paluszkiewicz

Rock’n roll et curiosités au Botanique

Posted on 16/11/2017 by BeCult

Ce vendredi 10 novembre, on était au Botanique en mode course à pied avec un timing serré : 20h Happy Meals à l’Orangerie, 20h35 la performance de Rodolphe Coster à la Rotonde et à 21h10 retour à l’Orangerie pour Liars en pleine promotion européenne de son nouvel album, TFCF.

Happy Meals, duo écossais composé de Suzanne Rodden au chant et d’un Lewis Cook au look de Che Guevara à la rythmique entame les hostilités. Le style est clairement électro-pop avec une chanteuse qui aime monter dans les octaves, tantôt en français tantôt en anglais, l’expression corporelle et la proximité du public. En effet Suzanne Rodden s’aventure volontiers dans la fosse mais devient rapidement, en raison de sa petite taille, invisible pour les spectateurs du fond. Résultat : la prestation, globalement bonne, aurait été davantage appréciée si elle s’était déroulée dans un lieu plus confiné. On pointera Le Voyage dont la ritournelle « Tokyo, Berlin, Chicago, Rome, Lyon, Porto. Prochain arrêt terminus mais notre voyage continue » reste tenacement en tête.

Au terme de cette prestation, direction la Rotonde où se produit Rodolphe Coster, ex-membre de Flexa Lyndo, accompagné à la batterie par Maya Postepski aka Princess Century. Une performance que l’on a difficilement pu apprécier tant une incongruité technique nous a dérangé jusqu’à son terme. En effet, à plusieurs reprises, Rodolphe Coster a été amené à prendre sa guitare et à entamer des solos gesticulants. Problème, le son de son instrument n’est jamais arrivé à nos oreilles, la guitare étant totalement écrasée par une batterie sans réelle rythmique. Conséquence, on a davantage eu le sentiment d’assister à un concours d’air guitare qu’à un set musical. Certains dans le public ont eu beau crier « plus de guitare », rien n’y fit. Seul moment intéressant : la venue sur scène de deux danseuses qui ont exécuté une belle chorégraphie sur un morceau chanté, style Joy Division, par un Rodolphe Coster nettement plus sobre.

Pas le temps d’attendre la fin, on doit déjà courir dans l’autre sens vers l’Orangerie où Liars entame son tour de chant. Nous sommes accueillis par un Angus Andrew habillé en mariée, un look en totale adéquation avec la pochette du dernier LP, TFCF, sorti en août dernier. Le leader de Liars n’a pas manqué de préciser lors d’un interview qu’il s’agissait d’une protestation contre la politique de son pays d’origine qui n’autorisait toujours pas, à ce jour, le mariage homosexuel. Et son coup de gueule a manifestement été entendu puisque l’Australie est en passe d’adopter une loi autorisant le mariage gay pour la fin de l’année.

Liars, et en particulier Angus Andrew, nous a offert un vrai show, ne se contentant pas de nous présenter son dernier bébé mais nous baladant durant une heure et demie au coeur de sa discographie, forte de huit albums. On est ainsi passé de Drum Gets a Glimpse (Drum’s Not Dead, 2006) à des sons beaucoup plus électro avec Cred Woes et Coins in My Caged First (TFCF, 2017), à des sonorités plus punk avec Scrarecrows on a Killer Slant (Sisterworld, 2010) et à des titres nous rappelant sur certains points un célèbre compatriote d’Andrew, Nick Cave, avec The Other Side of Mt. Heart Attack (Drum’s Not Dead) et Scissor (Sisterworld).

Une performance très réussie et personnellement très appréciée passant de moments légers à des sentiments plus lourds et plus sombres, Angus Andrew assurant à 100% son rôle de frontman. Seul regret, ne pas avoir entendu Emblems of Another Story, issu du dernier opus et qui, à nos oreilles, est une petite perle.

Sandrine Job

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