Old Painless, The Angströmers et Dälek au Magasin 4

Posted on 15/04/2019

Bien que musicalement plus attirés par les longs riffs de guitare bercés par une batterie tonitruante, se cantonner à un style et se refuser à découvrir d’autres contrées musicales aurait été regrettable. C’est dans cet état d’esprit que l’on s’est rendus, ce 9 avril 2019, au Magasin 4 où était programmée une soirée hip-hop/electro, avec en tête d’affiche le groupe nord-américain Dälek. Une expérience des plus concluantes !

Les hostilités commencent à 19h20 précises avec l’entrée sur scène d’Old Painless. Homme-orchestre au visage caché par une longue et épaisse chevelure, il entrecoupe des séances de chant hardcore par des intermèdes musicaux allant de comptines pour enfant à de la musique religieuse en passant par des aboiements de chien. Le tout ne nous a clairement pas convaincus mais on doit reconnaître l’investissement physique du personnage, qui s’est démené comme un beau diable durant une demi-heure. On a surtout apprécié la petite attention à la fin du show : distribution à tout le public d’une carte de téléchargement gratuit valable pour un titre. Certes, c’est de la promotion, mais ça fait toujours plaisir.

Après une petite pause, c’est au tour de The Angströmers de se produire. Ce duo bruxellois composé de Frédéric Alstadt et de Nicolas Esterle distille de l’instrumentale 100% electro et bruitiste. On avoue avoir dans un premier temps été très attirés par les vibrations qui se diffusaient dans tout notre corps, mais ce que l’on appréciait au départ, c’est en définitive avéré lassant.

Après un ultime break, c’est au tour de Dälek d’entrer en scène. Originaire de Newark dans le New-Jersey, le band tire son nom de la série Doctor Who dans laquelle les Daleks sont de méchants extraterrestres en provenance de la planète Skaro. Mais les deux Dälek qui se produisent ce soir devant nous sont tout sauf méchants, et les paroles proférées par MC Dälek sont des petites bijoux d’écriture poétique engagée (dénonciation de la brutalité policière et du racisme) sur fond d’intenses sonorités – parfois clairement rock – qui vous entraînent dans un autre espace-temps. Noir, attirant et tellement loin du rap conventionnel. C’est avec un sentiment de bien-être que l’on sort ce soir du Magasin 4, d’autant que les membres du groupe sont proches de leur public et d’une réelle simplicité.

Le 31 juillet 2017, Dälek a sorti son 8e album intitulé Endangered Philosophies, une petite pépite et un appel intelligent à la résistance. Tout ce qu’on aime et qui nous conforte dans l’idée qu’il ne faut jamais, que ce soit dans la vie en général ou dans la musique en particulier, rester dans sa zone de confort.

Sandrine Job

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Crédit photo : Félicie Novy