Mogwai © Felicie Novy

Mogwai à l’Ancienne Belgique

Posted on 01/11/2017 by BeCult

C’était en février 2014. Mogwai occupait déjà le haut de l’affiche pour deux dates successives à l’Ancienne Belgique. Deux soirées sold out qui avaient permis aux Glaswégiens de démontrer au public belge que leur musique n’avait pas sa place en fond sonore d’une soirée tranquille entre amis. Mogwai est un groupe de scène que l’on ne peut apprécier à sa juste valeur ailleurs que dans une salle de concert. On ne pouvait dès lors décemment pas manquer leur retour sur les planches de l’AB !

L’honneur d’ouvrir la soirée revient à Sacred Paws, un duo guitare-batterie livrant une pop indé dansante qui aurait plus sa place sur une scène de festival que sous les projecteurs de l’AB ce soir. On imagine en tout cas que l’énergie communicative que les deux musiciennes dégagent y trouverait plus facilement écho. Heureusement, le duo ne se formalise pas de l’absence indécente de public à cette heure-ci de la soirée et, bientôt, alors que la salle se remplit au compte-gouttes, les nuques se détendent et les têtes balancent au rythme enjoué de leurs instruments.

En attendant l’arrivée des Écossais, on se dit que, quand même, remplir l’AB à deux reprises sur le week-end, ce n’est pas donné à tout le monde. Surtout quand on offre une prestation finalement très hermétique et très statique où les musiciens bougent très peu et le public n’a guère d’occasions de danser. C’est dire la puissance de leurs compositions. Mais voilà que les lumières s’éteignent…

« How’s it going? We’re Mogwai, from Glasgow, Scotland. » Quelques mots qui résonnent à la fois comme un message de bienvenue et comme un avertissement : ce soir, Mogwai vous emmène en voyage et ça risque de secouer. Parés au décollage ? La scénographie, dont la ligne de fuite centrale rappelle d’une certaine manière la cover d’Every Country’s Sun, le dernier opus du groupe, évoque justement une piste de décollage avec ses panneaux latéraux. Le concert démarre en douceur avec Friend of the Night, aussitôt suivi d’un Brain Sweeties plus lourd qui finit de confirmer que la setlist de ce soir ne sera pas la même que la veille. Tournée promo oblige, un morceau sur deux est tiré du nouvel album. Et pourtant, les setlists n’ont que deux morceaux en commun : Old Poisons et Every Country’s Sun. Autrement dit, Mogwai joue l’album dans son intégralité sur les deux soirées. Pour le reste, le set de ce soir se concentre presqu’exclusivement sur des titres issus d’albums du siècle précédent (tu le sens, le coup de vieux ?), dont certains ne sont jamais parus sur album (Ithica 27ø9, par exemple). Le premier soir parait plus ‘mainstream’ en comparaison. Alors, note aux fans : n’hésitez pas à prendre des tickets pour les deux dates la prochaine fois !

C’est à partir du troisième morceau que l’expérience Mogwai commence vraiment. À la faveur d’une montée en puissance, le décor révèle tout son potentiel : les panneaux latéraux cachent en fait des stroboscopes et des spots de couleurs qui s’animent au rythme de la musique. Hypnotisant, comme prévu. Et la qualité du son de l’Ancienne Belgique ne gâche rien. On en prend plein les oreilles et les yeux sur Crossing The Road Material, Don’t Believe The Fife, Old Poisons et Every Country’s Sun, tous tirés du décidément excellent album du même nom. À tel point qu’on se demande vraiment ce que viennent faire là-dedans les titres chantés : Party in the Dark et Cody. Pas foncièrement mauvais, mais certainement pas pertinents ici. Une perte de temps précieux quand on pense à tous les morceaux qu’ils auraient pu jouer à la place !

Mais dès que résonnent les premières notes de Remurdered, premier titre du rappel, on pardonne tout dans la foulée. Une dernière bouffée d’énergie avant de terminer tout en douceur avec les boucles mélodiques de Mogwai Fear Satan dont le rythme ralentit jusqu’à presque s’éteindre… avant une dernière explosion de son et de lumière qui fait sursauter le public assoupi. Et les musiciens de quitter la scène un à un, laissant là leurs guitares jusqu’à ce que s’évanouissent les dernières notes. Atterrissage tout en douceur. C’était beau, c’était intense. C’était Mogwai.

Vassili Koumparoulis

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Crédit photo : Félicie Novy