LOUD Fest by Court-Circuit

Posted on 06/01/2016

Samedi 19 décembre, Court-Circuit asbl organisait le LOUD FEST au Botanique. Une petite sauterie mettant le rock dur et ses nouveaux talents à l’honneur. Quatre groupes étaient à l’affiche de ce festival qui avait encore il y a peu les traits d’un concours.

Du Concours Circuit Rock Dur au programme LOUD

Rampe de lancement qui a permis l’éclosion de nombreuses formations issues de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Concours Circuit a vu le jour en 1997. Son but ? Ouvrir les scènes à des artistes en devenir et créer une dynamique sur l’ensemble du territoire de la Communauté française. Organisé annuellement en alternance selon deux styles musicaux (pop-rock et rock dur), le concours s’est doté d’une catégorie “électronique” à l’occasion des 20 ans de l’asbl.

En 2013, le Concours Circuit Rock Dur a fait place à un nouveau dispositif d’accompagnement baptisé LOUD. Au programme : coaching, promo, soutien financier… En 2015, chaque groupe – sélectionné en amont par un jury de professionnels – a été parrainé par une salle du réseau Club Plasma. La salle “marraine” faisant jouer son poulain en ses murs, à la suite d’une résidence. Événement de clôture de ce dispositif de soutien aux jeunes pousses de la scène hardcore/metal, le LOUD Fest réunissait les quatre groupes de cette édition au Botanique, le 19 décembre dernier.

Loudness mode : ON

Premier groupe à se présenter sur scène pour un showcase de trente minutes, Silence is the Enemy a connu de nombreux changements de line-up depuis sa formation. Le 28 février dernier, il fêtait au DNA la sortie de son premier maxi deux titres et du clip Ghost, réalisé pour l’occasion. Le premier concert avec François Massart au chant. Ce soir, les jeunes bruxellois ouvrent le bal de leur metalcore groovy. Musicalement, ils envoient du lourd. On est par contre moins convaincus par cette voix qui sonne comme légèrement surannée à nos oreilles et par la débauche d’énergie déployée pour chauffer le public. « Less is more », comme on dit dans la langue de Shakespeare. Si les appels appuyés du leader à former un “putain de circle pit” enthousiasment les potes et quelques fans du groupe présents dans la fosse, on peut dire que ce n’est pas vraiment notre cas.

Quinze minutes de pause et nous voici de retour dans la salle où Thorax a pris ses quartiers. Nouveau venu sur la scène belge, le groupe se compose de trois musiciens expérimentés qu’on a déjà pu voir performer dans divers autres projets musicaux : Sébastien Decupère (Les Panties), Bartolomeo La Punzina (Highsleep with Sloane) et David Davister (Thibet). Ensemble, ils prodiguent un krautrock musclé, flirtant sans retenue avec le stoner. Pas de chant mais deux basses sonnant comme des guitares et une batterie dont les boucles rythmiques se font hypnotiques. Une première compo intitulée amon re est dès à présent disponible à l’écoute sur le SoundCloud du trio bruxellois.

On papote avec des vieilles connaissances, une bière à la main, lorsqu’Electric)noise(Machine fait son entrée. Un groupe qu’on a déjà eu l’occasion de voir en live à plusieurs reprises et qui, pour être honnête, ne nous transportait pas plus que ça. Or, ce soir, le trio nous impressionne par sa maîtrise, sa simplicité et son efficacité. Tandis que les longs doigts de Vinz se baladent sur le manche de sa V-bass et que ses pieds jonglent d’une pédale d’effets à l’autre, Oli tient fermement ses baguettes dans ses grandes paluches pour venir frapper avec force les différentes parties composant son set de batterie. Quant à Ioan, il va et vient entre son micro et le clavier duquel émanent une multitude de sons électroniques, procurant un côté groovy aux compositions à tendance punk-hardcore de cette formation bruxelloise.

Graspop, Dour, Rock Herk. Autant de festivals qui ont vu passer Wolves Scream sur leurs scènes. Formé il y a cinq ans, ce groupe originaire de Namur compte deux EPs à son actif, dont le dernier (Hurricane) est sorti en 2014. S’il n’invente rien en matière de post-hardcore, ses titres alternant moshparts et fragments plus rapides sont à la fois puissants et mélodiques. Le public, plutôt clairsemé en début de soirée, est au rendez-vous pour applaudir le quintette au look « total black » dont le premier album devrait paraître dans quelques semaines. Une nouvelle prestation réussie qui clôturera en beauté et tout en énergie une soirée entièrement dédiée au rock dur, événement assez rare pour être souligné !

Hélène Many

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Crédit photo : Carl Lambert