Les Rayures du Zèbre de Benoît Mariage

Posted on 25/01/2014

Le 5 février 2014 marque la sortie en salles de Les Rayures du Zèbre, le dernier long métrage de Benoît Mariage. A cette occasion, il retrouve l’acteur Benoît Poelvoorde qu’il avait dirigé dans Les convoyeurs attendent et Cowboy. L’acteur namurois y incarne José, un agent qui évolue dans le monde du football et s’est spécialisé dans le recrutement de jeunes joueurs africains.

Sur le déclin professionnellement parlant, José se rend en Côte d’Ivoire pour tenter de dénicher la perle qui relancera sa carrière. Lors de ce séjour, il rencontre le jeune Yaya et décide de le ramener en Belgique afin de le faire évoluer dans la sphère footballistique européenne. Ses plans seront cependant contrecarrés par divers aléas.

Quand osera-t-on dire à Benoît Poelvoorde qu’à force de surjouer, il en devient exaspérant? Pensant rendre crédible son personnage en forçant le trait au niveau de l’accent et de la vulgarité, il ne nous livre ici qu’une copie ratée d’un François L’Embrouille. Ce constat est d’autant plus attristant lorsque l’on sait que, dans le passé, l’acteur nous a montré qu’il pouvait interpréter des personnages décalés tout en gardant un certain naturel – notamment lorsqu’il avait endossé ce rôle de père de famille carolo obsédé par son ambition de voir son fils entrer dans le Livre des Records (Les convoyeurs attendent) – et qu’il prouve, en deuxième partie de film, qu’un jeu plus naturel le rend plus crédible et attachant.

Il faut reconnaître qu’il n’est pas aidé par le scénario qui, lorsqu’il n’accumule pas les clichés (pour travailler dans le foot, il faut avoir accent bruxellois, flamand ou carolo ; les africaines n’ont d’autre ambition que de mettre le grappin sur un blanc), pompe allègrement une émission satyrique qui avait, en son temps, suivi les joueurs africains du KV MECHELEN (Tout ça ne nous rendra pas le Congo).

Benoît Mariage, qui cumule les casquettes de réalisateur et de scénariste/dialoguiste, passe tout à fait à côté de son sujet et ne réussit ni à nous arracher un sourire lors des scènes censées nous faire rire, ni à nous amener à ce qui semble être son but : une réflexion sur la condition des joueurs africains en Europe ; et ce notamment en raison du ridicule de certaines scènes.

Les seuls à vraiment tirer leur épingle du jeu sont les acteurs africains qui jouent vrai et qui, comble de l’ironie, sont pratiquement tous amateurs. On ne peut même pas conseiller ce film aux passionnés du ballon rond, les scènes de foot étant quasi inexistantes et peu spectaculaires.

Sandrine Job