La Ferme!!!, festival de sonorités indie en Brabant wallon

Posted on 12/03/2015

Pour sa deuxième édition, le festival La Ferme!!! qui se tenait – comme son nom l’indique – à La Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve, accueillait Moaning Cities, fago.sepia, Mutiny on the Bounty, A/T/O/S, BRNS, AK/DK et Nordic Giants. Deux scènes occupées en alternance par sept groupes venus des quatre coins du continent et plus de 500 personnes réunies pour les applaudir.

18h30, tandis que les DJ’s de Taille 33 distillent leur musique d’ambiance dans le hall de La Ferme du Biéreau, les membres de Moaning Cities s’apprêtent à monter sur scène. Les compositions de ce quintette bruxellois oscillent entre rock, blues et musique hindoustanie. A la fois dynamiques et planantes, elles invitent aussi bien à la danse qu’à la méditation. Le tout est agrémenté par une voix masculine claire et grave qui n’est pas sans rappeler celle du grand Jim Morrison (leader des Doors). Ce soir et comme à son habitude, Moaning Cities nous offre une prestation exaltante, de bon augure pour la suite des événements.

Changement de salle et de style, place à fago.sepia et à son math rock jazzy. Actif depuis une dizaine d’années, ce quatuor originaire de Rennes a la particularité d’attribuer des chiffes comme titre à ses morceaux. Morceaux classés dans le mauvais ordre, bien entendu! Ainsi, la première plage de leur EP, L’ame sure ruse mal (que l’on peut lire dans les deux sens), s’intitule par exemple Six. Un clin d’œil, sans doute, aux structures complexes et aux ruptures rythmiques propres au rock mathématique. Pourtant séduits par ce style musical particulier et malgré la maîtrise technique des quatre musiciens, on a du mal à rentrer dedans. On décide donc de zapper le dernier titre et de passer par le bar, histoire de se rafraîchir le gosier avant le prochain concert.

On reste dans le math rock avec les Luxos de Mutiny on the Bounty. Faite de montées en puissance et de boucles hypnotisantes, leur musique envoie du lourd. Enchaînant titres chantés (par le batteur) et instrumentaux, le quatuor passe avec une facilité déconcertante d’une atmosphère intimiste à une explosion de riffs percutants, appuyés par des lignes de basse musclées. Du math rock dur teinté de sonorités électroniques par lequel on ne peut s’empêcher de se laisser transporter. La sortie de leur nouvel album Digital Tropics est prévue pour avril 2015. A bon entendeur, salut!

Direction le fenil où le duo flamand A/T/O/S a pris ses quartiers. On slalome dans le public pour se trouver une petite place en frontstage. De loin, on peut apercevoir un grand échalas s’activant derrière ses machines. A côté de lui se tient une jolie petite métisse en peignoir satiné à fleurs, top noir à franges, jeans et baskets. Lui gère l’instrumental, elle pose sa voix de velours sur des beats chillwave tout en tapotant sur son synthé hi-tech. S’il est indéniable que le duo fonctionne musicalement, visuellement on s’ennuie un peu. Très réservée, la demoiselle reste en effet relativement statique derrière son clavier. Très belle découverte, cependant! On ne manquera pas de se repasser leurs sons chez soi, en mode smooth.

Faut-il encore présenter BRNS? Ce soir, c’est devant une salle quasi comble que le groupe bruxellois monte sur scène. Vu les noms figurant sur l’affiche, il faut dire que BRNS est certainement le groupe le plus populaire et musicalement accessible de la programmation. Avec son pop rock entraînant, le quatuor a effet conquis une bonne partie de l’assemblée sans grande difficulté. Certains sont même venus uniquement pour eux. Même si nous n’en sommes pas à notre premier live de BRNS, on ne se lasse pas de leur set fait de compositions dansantes mais aussi bien souvent sombres et intenses.

Et la claque du soir est attribuée à… AK/DK! Duo de batteurs en provenant directe du Royaume-Uni, ce groupe à l’univers barré mêle rythmes sauvages, delays et synthétiseurs boostés à coups de pédale fuzz. Laissant une grande part à l’improvisation, les deux compères façonnent des titres dance trash agrémentés d’une touche de rock progressif. Un régal pour les pavillons comme pour les mirettes. La vision de ces musiciens complètement dans leur trip, entourés de guirlandes tubes lumineuses, nous procure en effet une agréable sensation d’allégresse.

Nordic Giants, les compatriotes d’AK/DK, étaient quant à eux chargés de clôturer cette excellente soirée dans la grande salle. A cette heure tardive, seuls les plus courageux et les connaisseurs sont encore présents pour assister à leur prestation. Malgré le caractère planant de leurs compositions, les géants du Nord nous en mettent plein la vue, notamment grâce à une double projection d’images des plus captivantes. Vêtus de masques et de plumes, ils se déchaînent sur leurs instruments, nous prenant directement aux tripes grâce à leur post-rock ambient expérimental. Ils devraient repasser par la Belgique dans le courant du mois d’avril, l’occasion pour les amateurs du genre de se faire leur propre opinion sur l’univers bien particulier qu’ils proposent.

Hélène Many

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Crédit photo : Justine Collet