Endless Dive et Ykons au Salon : Voyage à travers les grands espaces sauvages

Posted on 27/03/2019

Vendredi 22 mars 2019 – 20h45, c’est dans sa configuration la plus intimiste et conviviale que Le Salon (Silly) accueille une double affiche. Intimiste puisque la scène n’est en soit qu’une petite estrade haute de quelques centimètres où le matos rentre au chausse-pied. Double affiche qui fait le grand écart géographique entre Endless Dive, qui nous vient de Tournai pour présenter son premier album Falltime, fraîchement sorti, et les Liégeois d’Ykons qui sont venus défendre un premier opus s’intitulant Reflected. Deux albums de haute facture, dans leurs domaines respectifs.

Endless Dive

C’est Endless Dive qui embarque le public en premier pour un voyage d’une petite heure. Après quelques nappes et boucles électroniques qui ouvrent l’album, les quatre gaillards (deux guitares, une basse, une batterie) déclenchent le tourbillon musical. Le décollage est immédiat avec le titre Wading Pool. C’est propre, c’est carré, des passages plus atmosphériques font place à d’autres où la tempête de décibels se fait sentir vivement, et de lentes, mais certaines, montées en pression s’enchaînent. Leur post-rock n’a rien d’oppressant. Bien au contraire, c’est la lumière et la sérénité qui s’en dégagent, même dans les passages les plus musclés de leur set où chacun s’affaire frénétiquement sur son instrument. On est pas là pour creuser sa tombe ou pour envisager la fin du monde, on trace sa route à fond de balle vers un horizon prometteur.

Sur scène, les échanges de regards et les sourires semblent indiquer que le plaisir est bien présent. Ça tombe bien, le public est attentif et attend presque religieusement que la dernière note de chaque morceau s’estompe jusqu’au silence pour applaudir. Un petit bémol malgré tout : la taille et la configuration de la salle empêchent d’amplifier la batterie, dont le son reste très brut par rapport à celui des autres instruments qui bénéficient d’un mixage plus aérien.

Après avoir parcouru les grandes contrées musicales de leur album, les musiciens reviennent sur scène avec, en guise de rappel, le très musclé Gravity Always Wins, issu de leur premier EP, sorti en 2016. L’atterrissage se fait en douceur sous les applaudissements d’un public conquis. Et pourtant, l’aventure aurait pu s’arrêter à l’été 2018, à Lille, lorsque tout leur matériel avait été volé. Une belle et jolie manière de rebondir avec une tournée en cours déjà bien garnie !

Ykons

Après une escale par le bar pour se ravitailler généreusement en bières locales, les lumières s’éteignent à nouveau pour Ykons. Le démarrage se fait en douceur avec le titre Have a Great Crash, dans un registre pop accompagné de quelques touches électro, quelque part entre The National, Editors et, n’ayons pas peur de la comparaison, Coldplay. C’est insidieusement dansant, mais contrebalancé par la voix chaude et nostalgique du chanteur, le tout enrobé d’un light show soigné. Tout comme pour Endless Dive, une idée de ‘traversée de grands espaces’ se dégage de leur musique, la pochette de leur album en est d’ailleurs l’illustration.

L’esprit est à la fête. Red Light, le second morceau du set, vient confirmer cet accent pop avec un refrain accrocheur sur lequel le chanteur vient chercher l’assistance, qui se prend vite à accompagner vocalement le groupe. Au milieu du set, on reconnaît une reprise épurée du titre I Love You de Woodkid. Pas si surprenant que ça finalement, au regard de ce que le groupe propose musicalement. C’est l’entièreté de son LP qui est jouée ce soir. Il est évident que les gars ont bossé en profondeur leur sujet aussi bien sur album (trois ans pour le concrétiser) que sur scène, ce qui nous laisse parfois l’impression d’un léger manque de spontanéité.

Bien que l’ensemble ait déjà de la gueule, il pourrait déployer tout son potentiel dans une salle plus grande. On repart pour un tour avec le rappel composé des versions dancefloor des deux premiers morceaux du live. Le groupe se fait clairement plaisir et fait durer la grande cavalcade encore et encore. Mais personne ne s’en plaint ! Au bout d’une heure, les Liégeois quittent définitivement la scène avec ces derniers mots : « La vie est une fête », des mots qui résonnent joliment en ce 22 mars. Et elle fut belle ce soir…

Endless Dive et Ykons, deux noms que vous retrouverez très prochainement à l’affiche des Nuits Botanique. L’occasion de vous rattraper si vous avez manqué ça !

Jean-Yves Damien

Crédit photo : Jean-Yves Damien