Rince-Doigt © Carl Lambert

Dimanche post-rock avec Luik Records à l’Atelier 210

Posted on 04/11/2017 by BeCult

Notre père qui es curieux, que tes oreilles soient inspirées, qu’à l’Atelier 210 tu viennes, que ta volonté soit de faire la fête, à Liège comme à Bruxelles. Donne-nous aujourd’hui notre rock quotidien…

Saint-Gilles, 29 octobre 2017. Le binge watching de la deuxième saison de Stranger Things, ce sera pour le week-end prochain ! Ce soir, on troque son pyjama en pilou contre ses habits du dimanche pour assister à la grand’messe orchestrée par le père Damien, fondateur de la congrégation Luik Records, à l’Atelier 210.

La cérémonie commence avec No Metal In This Battle. Ce quatuor luxembourgeois vient tout juste de sortir son premier long format : Paprika. Mélange surprenant de math rock et d’afro beat, ses compositions brisent les frontières des styles musicaux. Aux envolées épiques et aux rythmes syncopés s’ajoutent la chaleur de l’Afrique. Si le public était un peu froid en début de set, au fil des morceaux, la transe opère. Un parfum d’exotisme flotte sur l’Atelier 210, les dos se cambrent, les bras s’agitent pour ne plus former qu’une mer de corps frétillants.

Une atmosphère idéale pour accueillir Rince-Doigt et sa Croisière annulée, premier et dernier album du groupe bruxellois de kraut/math rock qui tirera sa révérence à la fin du mois de novembre, après une série de concerts d’adieu. Haletante, puissante et spontanée, la musique de Rince-Doigt laisse place à des fulgurances déconcertantes. Une spontanéité qui trouve en grande partie sa source dans ces trois musiciens littéralement habités par leur art.

On sent l’émotion dans la voix de Valentin quand il prend la parole pour remercier les personnes présentes ce soir. Après trois ans d’une aventure commune, ce qui avait commencé comme une blague se termine en feu d’artifice au milieu du public ! Même si ce soir la nostalgie nous gagne, on se rassure en se disant que ces mecs-là ne sont pas près d’arrêter la musique. D’ailleurs, on s’est laissé dire que le duo Valentin (basse)/Pablo (guitare) avait déjà répété quelques fois avec Rémy, batteur du groupe montois La Jungle. Si ces répètes débouchent sur un projet concret, il y a fort à parier que ce sera pour nous faire à nouveau voyager.

Si la Croisière est annulée la fête n’est pas pour autant finie. On enchaîne avec le dernier groupe de la soirée, Lysistrata, ou trois potes d’enfance réunis pour faire de la musique. Et pas n’importe laquelle ! Entre post-hardcore, post-rock, math rock et noise, elle est de celles qui vous prend aux tripes. Il y a un an, on les découvrait en live au Belvédère à Namur. Un concert dont on était ressortis chamboulés et impressionnés par autant de rythmiques infernales et de fougue. Depuis, Ouest-France, Libération, Konbini, France Info, Les Inrocks… tout le monde parle de ces rockeurs qui, malgré leur jeune âge, font preuve d’un maturité musicale incontestable.

De jeunes musiciens qui savent où ils vont et ne se reposent pas sur leurs lauriers : quelques mois seulement après la sortie de leur EP Pale Blue Skin, en mai dernier, ils sortaient The Thread, leur premier album, ce 20 octobre. « Hey, sister, I love you », les premières notes d’Asylum résonnent dans la salle et font monter l’intensité d’un cran. Un circle pit prend naissance au creux de la fosse de l’Atelier 210. La tempête musicale se déchaîne et nous emporte. On ne touchera à nouveau le sol que 30 minutes plus tard.

Hélène Many

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Crédit photo : Carl Lambert