Daughters au Botanique

Posted on 18/04/2019

Après sept ans d’absence, le groupe de noise rock américain Daughters a marqué l’année 2018 en sortant une petite bombe intitulée You Won’t Get What You Want. On ne pouvait donc décemment pas rater leur unique passage en Belgique, ce jeudi 11 avril, au Botanique.

Le Botanique qui a clairement dû revoir ses plans, vu l’engouement provoqué par la sortie de l’album de ce quatuor originaire de Providence, dans l’État de Rhode Island. Le concert étant initialement prévu au Witloof Bar a, en définitive, été déplacé dans une Orangerie pleine à craquer d’un public en folie.

En première partie, une très belle découverte : ARTO. Tout droit venu d’Italie, et plus précisément de Bologne, ce jeune groupe, formé en 2017, réunit sur scène quatre musiciens talentueux qui nous servent une prestation post-rock des plus séduisantes. Une basse (Luca Cavina), deux guitares (Bruno Germano et Cristian Naldi) – un droitier et deux gauchers – et une batterie portée par Simone Cavina. Une excellente entrée en matière avant l’arrivée des noiseux de Daughters.

Ces derniers déboulent sur scène entourés de volutes de fumée pour mettre le feu dès les premiers accords de The Reason They Hates Me, une grosse partie du public se lançant alors dans un pogo géant qui ne s’arrêtera que lorsque les lumières de la salle se rallumeront, annonçant la fin des hostilités.

Daughters, c’est d’abord un extraordinaire frontman, Alexis Marshall, chanteur qui fascine autant qu’il dérange. Fascinant car il est empli d’énergie, il saute dans tous les sens, arpente tous les recoins de la scène et n’hésite pas à plonger dans le public. Dérangeant parce qu’il aime se barbouiller le visage avec sa propre bave et a une forte propension à s’acharner sur son micro, le frappant par terre ou contre son front, jusqu’à se faire saigner. Cerise sur le gâteau – enfin, façon de parler – on aura même droit, au terme du show, à une séance de flagellation : Alexis Marshall tombant la chemise pour se frapper avec sa propre ceinture et marquer son corps de striures rouges.

Il n’en demeure pas moins un excellent showman à la présence scénique totalement hypnotisante, d’autant qu’elle contraste totalement avec l’attitude tout à fait stoïque et volontairement détachée des musiciens. On ne peut d’ailleurs pas passer sous silence leur excellent jeu et, en particulier, celui du magistral Nick Sadler à la guitare.

Daughters, ce n’est pas uniquement la scène, c’est aussi un univers musical d’une noirceur captivante dont il est difficile de se détacher. Outre le dernier album You Won’t Get What You Want, dont on retiendra les titres Long Road, No Turns, Satan In The Wait, et surtout, Less Sex et Daughter, il y a les deux précédents disques, Hell Song et Daughters, dont certains morceaux ont été joués ce soir et que l’on vous invite à découvrir – ou redécouvrir – de toute urgence.

Que dire d’autre, si ce n’est que ce 11 avril, au Bota, était clairement un rendez-vous à ne pas manquer !

Sandrine Job

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Crédit photo : David Thermol