Cloud Nothings au Botanique

Posted on 13/02/2019 by BeCult

Ce dimanche 3 février 2019, c’est passage obligé par la Rotonde pour découvrir en live l’un de nos albums phares de l’année 2018 : Last Building Burning de Cloud Nothings.

En Attendant Ana, le groupe parisien en première partie des Américains est une découverte pour nous. Emmené par la jolie et talentueuse chanteuse Margaux Bouchaudon (très belle voix avec quelques intonations folk ), EAA nous distille une pop faussement douce ponctuée d’accents rock et de trompette. Au vu de leur très bonne prestation de ce soir, on ne peut que vous inviter à découvrir leur album Lost and Found, sorti le 13 avril 2018 chez Buddy Records/Montage Sacrée/Trouble in Mind.

À 21 heures précises, Dylan Baldi et ses acolytes déboulent sur scène. Amateurs de bon punk, biberonnés aux riffs de Sonic Youth et de Pavement, si vous n’aviez pas votre sésame pour cette soirée sold out (amplement mérité), désolée d’en rajouter un couche mais vous avez clairement raté quelque chose ! Dès les premières notes, on a su que ce serait du lourd. On An Edge, premier titre de Last Building Burning – dont les huit morceaux seront joués dans l’ordre ce soir, facilitant ainsi grandement la tâche de la rédaction – ouvre le bal. Parmi ces huit titres, de véritables perles dont en outre On An Edge, Leave Him Now, In Shame et surtout, Dissolution et son long interlude de plus de sept minutes qui nous emmène dans un trip psyché totalement planant. S’ensuivent quelques titres emblématiques des précédents albums. On pointera en particulier Psychic Trauma sorti sur Here and Nowhere Else en 2014 et Stay Useless issu d’Attack On Memory, paru quant à lui deux ans plus tôt. Et surtout, en guise de final, issu de ce même dernier album, le magnifique Wasted Days, véritable feu d’artifice musical.

Au commencement de Cloud Nothings, il y a le chanteur/guitariste Dylan Baldi, à l’apparence de geek timide. Ce premier sentiment se dissipe très vite lorsqu’avec sa voix éraillée, transperçant un épais rideau de cheveux, il laisse éclater sa rage (certaines paroles sont clairement peu réjouissantes) flirtant à chaque instant avec le point de rupture, encouragé dans cet exercice par des guitares et une basse survoltées et surtout par une phénoménale batterie dirigée de main de maître par Jason Gerycz qui, tel un automate fou, frappe sur ses caisses comme si sa vie en dépendait.

Le tout est brut, noir, explosif, envoûtant et surtout totalement addictif et nous envoie dans une défonce musicale suite à laquelle le retour sur terre sera difficile. Une heure et dix minutes de pur bonheur !

Sandrine Job

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Crédit photo : David Thermol