Brutus à l’AB Club

Posted on 13/02/2017

La foule était très dense et chaleureuse, samedi 4 février dernier, à l’AB Club, pour accueillir Brutus, qui venait y présenter son nouvel album : Burst.

L’expérimental noise de El Yunque, venu d’Hasselt, amorce la soirée en poussant et distordant le son. Les rythmes oscillent entre langueur et explosions sonores, les morceaux dessinent leur propre tableau et laissent la salle suspendue entre différentes ambiances.

Le public, majoritairement néerlandophone, accueille Brutus avec enthousiasme. Stefanie Mannaerts démarre à la batterie d’une façon presque mathématique. La précision de ses percussions traverse le corps et invite à la transe. Le guitariste, Stijn Vanhoegaerden, et le bassiste, Peter Mulders, lui répondent avec des riffs lyriques maîtrisés, entre post-punk et shoegaze. Les distorsions de la guitare contrastent avec la netteté des pulsations de la batterie, apportant une texture qui donne sa spécificité au groupe.

En plus de gérer les percussions, Stefanie chante d’une voix palpitante, ouvrant une brèche qui apporte une atmosphère mystique à l’ensemble. Comme un cri céleste, le chant traduit des émotions retenues brutalement mises à nu, trouvant leur écho dans les notes rapides des cordes et les roulements de batterie.

Au milieu du set, la chanteuse/batteuse cède sa place à Joris Casier (batteur de Steak Number Eight) pour se concentrer sur la voix, dans une mélodie plus douce mais toujours dynamique. Les membres du groupe s’échangent des regards complices. L’interlude, loin de créer une scission dans l’enchaînement des morceaux, y ajoute une pincée de sel.

Le public est attentif, la batteuse reprend sa place et Brutus repart de plus belle. Le bassiste s’approche de la batterie, le guitariste reste quant à lui concentré sur la gauche de la scène. L’explosion d’All Along, chanson phare de leur album, nous transporte au coeur d’une tornade d’excitation. La salle, réactive, balance la tête et danse, le sourire au lèvre. Les mélodies se transforment et évoluent crescendo en intensité pour atteindre un degré où toutes les notes décrivent un paysage sonore sombre et merveilleux.

Signés sur le label anglais Hassle Records, Brutus s’est formé en 2014 à Leuven, avec ses trois membres aux influences très variées allant du trash metal à l’électro-pop. Après trois EP auto-produits, ils ont enregistré un album à Vancouver, avec Jesse Gander du studio Rain City Recorders, qui a récemment travaillé avec White Lung ou Anciients.

Avec une certaine aisance sur scène, Stefanie surprend par sa pudeur lorsqu’elle fait des blagues et remercie le public avant de reprendre le show. La programmation plonge les spectateurs dans l’univers du trio. Chaque morceau est propulsé par son énergie et se répand dans la salle, faisant fondre la notion de temps. Le concert s’achève, la foule acclame et le groupe revient pour un dernier morceau. Le public semble rassasié et heureux, prêt à profiter du reste de ce samedi soir.

Estelle Le Nestour

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Crédit photo : Olivier Sipesaque